Quoi de mieux qu'une bonne petite engueulade pour commencer la journée? Mieux que des Rice Krispies mous, mieux qu'un bol de ricoré sur le pantalon propre, au moins ,là, je sais que je vais probablement passer une bonne journée bien pourrie. La vie est merveilleuse.Je suis dans ma phase "asociale". Les gens me gonflent, je pourrais rester muette si j'avais le choix. Ecrire, oui, parler, non. Pas envie. Marre d'entendre les propos insipides post-rentrée, marre de me taper les photos de vacances et les récits de voyages des autres (finalement, si j'y étais pas, quel interêt?), je me prostre dans un comportement puéril et irresponsable, et c'est bien.
Mes sujets principaux de conversation se limitent à la scatologie et à la recette du goulash. Citron, qui est aussi actif et agréable que moi en ce moment, a passé le week-end à regarder l'athlétisme avec commentaires beaufs à l'appui le cul collé sur le canapé. J'adore. Je l'observais tout en ricanant du pathétisme de la situation. Heureusement qu'il n'aime pas le foot (d'ailleurs c'est la raison pour laquelle je suis avec lui, c'est largement justifié).
Je travaille dans un silence quasi-religieux et mon laconisme poussé en inquiète certains. Je réponds par bruits " hum" "moui" "mnon" ou dans les cas d'énervements extrèmes, je gratifie d'un "Va te faire moutre" (oui, oui, moutre) les parasites dont je veux me débarasser au plus vite.
Plus de consommation à outrance, je me contente de ce que j'ai. Je ne me regarde plus vraiment dans la glace, je me sens libérée de toute contrainte esthétique. Où certains verraient la plongée en apnée vers une profonde dépression, je ne ressens que sérénité et étourdissement.
Un type que j'ai bousculé hier soir dans le métro et auprès de qui je me suis bien sûr excusée m' a dit "On a connu pire".
C'est bien ce que je me dis aussi.
