22/04/09

Délivrance

Gugu a déjà 1 mois.

C'est bien évidemment à mes yeux (mais aussi probablement aux yeux du monde aussi, sans exagérer) la plus belle du monde. Même ses cacas sont chouettes.

Pour explication, Gugu est en référence à Gugu Ganmo, le gros poussin rose en illustration ci-dessus. Oui parce que ma fille est un gros poussin rose. Je veux dire, elle faisait quand même 4k140 pour 53 cms à la naissance, alors avec vos bébés de 3kilos vous me faites bien rigolez. Moi quand je fais un enfant je plaisante pas hein.

D'ailleurs, il m'a été impossible d'accoucher naturellement. Moi j'étais là avec ma petite robe à fleurs, mes joues rouges et mes sabots, pensant que mon enfant allait sagement sortir de moi sans douleur dans l'eau en 1h35. Ah c'est beau la naïveté tout de même!

Ca a commencé le 21 mars vers 20h. J'avais déjà eu des contractions le matin, mais rien de douloureux, juste les fausses contractions qui font pas mal, celles où tu as l'impression qu'un aspirateur Dyson est rentré dans ton uterus et est bien decidé à avoir toutes ces salopes de miettes. Comme j'avais 5 jours de retard dans mon accouchement, j'avais un peu laché l'affaire, je m'étais résignée à rester enceinte toute ma vie. Mais que nenni! Gugu, elle, en avait marre de sa suite, le room service n'était vraiment plus à la hauteur et hop elle s'est dit que c'était le moment d'aller poser plainte directement à la reception non mais dites donc.

Vers 22h, nous sommes partis pour l'hopital (on nous avait dit d'attendre d'avoir des contractions pendant 2 heures toutes les 5 minutes, ce que j'ai fait en bon petit soldat). Arrivés là-bas, on m'a examiné.

"Ah ben vous n'êtes dilatée que de 3 cms, il va falloir rentrer chez vous, c'est pas assez".

Oui mais non hein. Enfin, il faut croire que mon utérus parle couramment anglais parce que dès qu'on m'a dit ça, j'ai eu des contractions toutes les 3 minutes donc ils ont été obligés de me garder. J'ai marché dans l'hopital pendant 1h30 heure histoire de faire avancer les choses, puis, comme j'avais choisi d'accoucher dans l'eau, on m'a emmené dans la chambre avec la grosse baignoire et les chouettes tableaux Ikea.

Et me voilà nue dans ma baignoire avec pour compagnons Toyboy et une bouteille de gaz (oui parce que quand on accouche dans l'eau c'est le seul anti-douleur auquel on a le droit). Bon, j'avais super mal. Alors forcément, je me vengeais un peu sur la bouteille de gaz. J'en ai vidé une bouteille et demi. Toyboy voulait aussi essayer parce que ça avait l'air rigolo, je racontais que des conneries, j'étais complètement shootée. J'entendais ma voix déformée, j'avais l'impression d'avoir fumé 30 joints en même temps et d'avoir trop bu.

Après avoir trempé près de 3h dans la baignoire, on m'a ré-examiné.

"Ah ben vous n'êtes encore dilatée que de 3".

Bon, là j'ai demandé des drogues. J'étais épuisée et incapable de respirer encore une bouffée de gaz, j'étais à deux doigts d'enfin comprendre les poèmes tout pourris de Jim Morrison que je lisais quand j'avais 15 ans. Je suis sortie de l'eau puisque visiblement ça ne servait à rien, on m'a administré un anti-douleur dans la jambe et j'ai pu me reposer un peu.

Puis il a fallu pousser. La sage femme m'a dit qu'en une heure, ce serait fait.

Deux heures plus tard, j'y étais toujours. La chirurgienne est venue et m'a dit que le bébé ne descendait pas malgré mes efforts et que je devais subir une césarienne d'urgence.

Signer une décharge pour dire qu'on prend bien conscience des dangers de mort ou de rester handicapée à vie alors qu'on vient de passer 24 heures sans sommeil à avoir super mal n'est pas exactement la meilleure façon de passer un dimanche. Je disais à Toyboy en pleurant à moitié: "Si il m'arrive quelque chose, tu prendras bien soin d'elle, hein, ne la vends pas sur e-bay ou à Madonna s'il te plait" (oui, même au plus misérable de moi-même, j'ai encore super le sens de l'humour).

Derrière mon petit rideau, je sentais bien qu'on me faisait quelque chose mais je n'avais pas mal. Toyboy était à coté de moi et il me tenait la main.

L'opération ne dure que quelques minutes et j'entends un cri strident. Elle est là, en bonne santé, et mes larmes commencent à couler bien que je ne puisse pas encore la voir.

On me l'apporte, enveloppée dans une serviette éponge blanche. Il est 14h20. Elle est calme, je ne vois que son visage et je peux vraiment dire que c'est le plus beau moment de ma vie. Toyboy a ce sourire qu'il n'a que quand il est très ému (ah oui parce que bon les anglais sont très reservés niveau émotions, et Toyboy encore plus que les autres. Du style il aurait très bien pu serrer la main au bébé pour l'accueillir). J'oublie complètement les longues heures précédentes quand elle tient mon doigt avec sa petite main chaude.

Toyboy part avec une nurse et notre fille dans une autre pièce pendant qu'on me recoud. Puis il revient et me dit que notre fille fait plus de 4 kilos et que c'est pour ça qu'elle ne pouvait pas sortir, combiné avec le fait que j'ai des gros os qui bloquaient le passage vers la sortie (ahah! je vais pouvoir utiliser la super excuse "Non je ne suis pas grosse, j'ai de gros os").

J'ai passé les 3 jours suivants à l'hopital et celà fait maintenant un mois que Gugu est avec nous. C'est crevant, pas toujours facile mais si c'était à refaire demain, je n'hésiterai pas une seconde.

C'est un gros poussin rose.

Notre gros poussin rose.

26/03/09

22/03/09 x 2.19pm


Ten pounds and a head of hair

Came into without a care

What they thought were cries

Were little laughs

Only looking forward and moving fast

The little bundle had arrived

And i was happy to be alive

In a magic world

Long days and dreaming nights

Wide eyes take in all the sights

A little wonder goes a long, long way

Learning where to go and what to say

Say hello to your new son

Well he sure is having fun

In a magic world

Every moment's built to last

When you're living without a past

In a magic world

When you're living without a past

In a magic world

15/03/09

T'étais pas née

Bon alors c'est malin, j'ai toujours pas accouché. Mon terme n'est que dans 3 jours mais comme moi je fais toujours les choses super vite, je m'étais dit que ma fille serait pareille, mais non elle a pas l'air pressée, et que je bouge plein et que je te donne plein de contractions mais elle reste là vautrée dans mon utérus (bon c'est vrai qu'il est classé Relais et Chateaux, je peux pas complètement la blamer mais elle a pas encore vu la chouette chambre que je lui ai faite avec comme thème "oiseaux d'Europe de l'Est").

Enfin moi je suis prête, j'ai même communiqué mes dernières volontés à Toyboy au cas où, comme par exemple donner mon prénom en deuxième prénom à notre enfant (j'ai un prénom assez pourri, il n'y a aucune raison pour qu'elle n'en profite pas), ériger une statue à ma gloire dans le jardin près du palmier ou encore m'empailler et me mettre sur la télé à côté de la Notre Dame de Guadalupe phosphorescente que ma soeur m'a offert pour Noel.

Sinon je voulais dire que c'est nul parce que maintenant, tous les artistes français que j'écoute sont morts, mais c'est pas de ma faute (et il n'étaient que 3 donc bon).

Un petit souvenir de 2003 juste parce que : C'est là

26/02/09

Les jours calmes

Mon ventre est tellement gros qu'on peut probablement le voir sur Google Earth. Et malgré les crèmes, huiles et autres potions miracles, ma peau ressemble à une carte des routes departementales françaises.

19 jours (a priori) à tenir, mes journées se suivent et se ressemblent, elles passent plutot vite vu que je mets très longtemps à faire les choses et que je suis fatiguée très vite. C'est pour moi impossible de penser à l'avenir, j'ai une vision à très courte portée pour le moment et ça risque de durer un peu.

Plus le jour fatidique approche, moins je m'en fais, on est matériellement prêts, financièrement pas trop mal et psychologiquement, sereins. Les doutes qui m'ont traversé l'esprit pendant ces derniers 8 mois se sont complètement évaporés. En tout cas, je me rend compte de la chance d'avoir Toyboy à mes cotés pour me soutenir et je suis heureuse qu'il soit le père de notre enfant.

Bon j'arrête avant que biches et petits faons viennent envahir l'écran.

Mais quand même. C'est chouette d'être content.

C'est très sous estimé.

05/02/09

Sur le quai

21 décembre, gare de New Street, 7h45.

Il fait gris et froid dehors. Le quai 4b est abrité par une grande tôle noircie par les convois qui passent depuis des années. Des gouttes de pluie passent à travers les panneaux et viennent s'écraser sur les rails fumants et le béton des plateformes d'attente.

Il n'y a pas grand monde qui attend le train pour Londres ce matin là. Après tout, c'est dimanche, il y a mieux à faire: dormir, lire le journal, manger un sunday roast, regarder des dvds ou un téléfilm pourri en pyjama, voir des amis et parler de la cuite qu'on s'est pris la veille.

Nous avançons en bout de quai, car je veux monter dans le wagon "quiet" bien que je sache pertinemment qu'il ne l'est jamais vraiment. Toyboy porte mon sac, il est encore fatigué, je peux le voir dans ses yeux.

Nous nous asseyons sur un banc en bois loin des quelques autres passagers. Je me blottis dans ses bras car des vagues de vent glacé s'engouffrent dans mon manteau. Et un peu aussi parce que je ne vais pas le voir pendant un moment et que je veux profiter de sa chaleur encore un peu.
Toyboy regarde autour de lui. Il me dit:

"Ce n'est pas le plus bel endroit du monde hein?
- Non. Et en plus ça pue."

Il tourne sa tête, puis tout son corps vers moi. Il me regarde et rougit un peu mais je pense que c'est à cause du froid.

"Tu veux bien te marier avec moi?"

Je souris.

"J'y ai pensé toute la nuit, je n'en ai pas dormi. Je n'osais pas. Je veux qu'on soit ensemble toute notre vie."

Je l'enlace et le serre contre moi, et toujours en lui souriant, je lui dis "oui, bien sur". Je suis surprise, parce qu'il n'en a jamais été question et que c'était pas notre truc de toutes façons. Je suis contente, pas par rêve de robe blanche meringuée et de lachers de colombes mais parce que je sais ce que ça veut dire pour lui. Je sais que ce sera de notre manière à nous d'espérer naïvement que nous resterons toujours unis.

Nous restons un moment immobile, puis une voix féminine annonce l'entrée du train en gare.

"Au fait, je ne t'ai pas acheté de bague parce que je sais que tu n'aimes pas ça, mais j'ai vu une chouette lampe chez Habitat. Et je t'ai acheté un muffin pour le voyage."

Je suis montée dans le wagon "quiet" et ai regardé la silhouette de Toyboy par la fenêtre s'éloigner tout doucement.

On dira et pensera qu'on voudra, mais ce jour-là, rien ne m'a paru plus beau que cette demande dans une gare austère à l'odeur âcre avec la promesse d'une lampe de fiancailles en signe d'engagement et un gâteau à la myrtille un peu écrasé pour me rappeler que quelqu'un quelque part m'aimait vraiment.

04/02/09

Dernière ligne presque droite

Troisième jour bloquée chez moi à cause de la neige. Non, ce n'est pas que dix mètres de neige obstruent ma porte d'entrée mais vu que je marche avec l'équilibre d'un bambi bourré, j'ai réuni mon cabinet et nous avons décidé que rester en pyjama et manger des mini-rolls était la meilleure politique à l'heure actuelle.

J'ai quand même du me rendre chez le médecin hier (mes ministres n'étaient pas très contents mais je leur ai montré qui était le chef), ce qui m'a pris vingt minutes aller et quinze retour (j'avais le vent dans le dos), sachant qu'en temps normal, j'aurais atteint mon but en moins de cinq minutes. Bon, d'accord, pas de quoi en faire un volume du Lonely Planet mais c'est le genre d'aventures qui anime mes journées en ce moment.

Plus que 42 jours avant ma date prévue d'accouchement et j'ai du mal à penser à autre chose qu'à ça, comme si en plus de s'être accaparé mon corps, ma fille avait aussi la main mise sur mon esprit. C'est très difficile de se projeter dans le futur parce que je sais que tout va changer mais je ne sais pas comment. Je me berce encore de douces illusions, comme par exemple qu'elle sera aussi calme que son père ou qu'elle ne fera que des cacas qui sentent le basilic (oui j'aime bien cette odeur alors je peux imaginer ce que je veux). Mais la vérité c'est que je n'ai aucune idée de ce que ma vie sera et les gens autour de moi peuvent bien me raconter toute leur expérience du monde, ça ne change rien à ma perspective.

Toyboy a bien fait comprendre à sa mère qu'il fallait qu'elle arrête de faire des commentaires sur mes/nos choix ("QUOI? le bébé ne va pas dormir dans votre chambre?mais tu sais qu'il a plus de chances de mourir si il dort seul????" ou encore "N'achète pas de choses roses, je n'aime pas le rose") parce que franchement ça me gonfle. Comme mon père me l'a justement fait remarquer, l'enfer est pavé de bonnes intentions. La mère de Toyboy est une femme très gentille, mais trop gentille.

J'ai toujours l'impression d'être une gamine quand elle me parle, genre je sais rien, j'ai rien vécu. J'ai beau essayer de lui faire comprendre qu'à 32 ans, je peux très bien m'occuper de moi-même, elle ne peux pas s'empêcher de nous ramener du thé ou du papier cul à chaque fois qu'elle va à Sainsbury's. Du coup, l'autre jour j'ai compté qu'on avait 5 boites de 80 sachets de thé à la maison (en sachant qu'il n'y a que Toyboy qui en boit) et 42 rouleaux de papier toilette. Je pense qu'on va bientot devoir ajouter une extension à la maison rien que pour pouvoir y stocker ce bordel.

En même temps je me sens mal de bitcher comme ça sur elle parce qu'elle a toujours été très accueillante avec moi mais je crois que c'est son coté bouddhiste occidentale qui m'énerve. Ca me fait juste vraiment grincer des dents. Sur un chèque qu'elle a donné à Toyboy l'autre jour, elle avait écrit derrière "For every £1 spent, may £1000 come straight back to me with love for the highest good of all concerned". Qu'est ce que t'as besoin d'écrire ça sur un pauvre chèque pourri de la Natwest franchement?

Enfin, Toyboy me dit tout le temps que de toutes façons, sa mère est folle. Le truc c'est qu'elle s'est aussi mis à dos le mec de la soeur de Toyboy mais qu'elle n'arrive pas à comprendre pourquoi, parce qu'en effet, elle n'a rien fait pour lui nuire, mais moi je vois très bien le problème. On pourrait me dire que je suis une sale cynique qui rejette ce positivisme effrené et je ne pourrais pas m'en défendre probablement. Le pire c'est qu'avec elle, j'adopte la même attitude qu'avec mes parents, celle de la gentille fille qui dit rien. C'est juste un role dans lequel je me retranche pour ne decevoir personne mais ce n'est pas moi, loin de là.

Bon sauf que depuis que je suis enceinte, ça a un peu changé, j'ai acquis une espèce de force qui me permet de dire merde. Comme à Noel où ma grand-mère, avec qui j'ai toujours essayé d'être tolérante et conciliante, m'a d'abord sorti que j'étais à la date limite de peremption pour faire un enfant et a ensuite dit en présence de ma nièce de 4 ans qui lui montrait une photo d'elle et de sa petite copine japonaise "Mais c'est qui cette chinetoque?". Là je me suis carrément emportée et je l'ai ignorée pendant tout le reste de mon séjour. Mon père ne m'en a pas voulu. Ma mère rigolait dans sa barbe (elle la deteste). Et moi ça m'a libéré de toutes ces années où je l'ai entendue déblatérer des conneries sur les "noirs et les arabes".

J'ai passé beaucoup trop de temps dans ma vie à douter de moi, de mes capacités. Je me suis trompée de chemin, j'ai été dans des relations minables parce que je ne m'estimais pas assez bien pour autre chose. J'ai connu des gens biens à qui j'ai fait du mal simplement parce que je le pouvais. Je ne peux que regarder en arrière et constater en espérant ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Et si je ne sais pas ce que demain sera, je me dis que dans 42 jours, quelqu'un me regardera et prendra peut être exemple sur moi, alors je me dois au moins de ne pas me mentir à moi-même et assumer ce que je suis sans que j'ai besoin d'être rassurée constamment.

C'est en tout cas ce que me conseillent mes ministres.

24/01/09

Easy tiger

(et plein d'autres chouettes tricots ici )

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Oui je sais, je n'ai pas écrit depuis longtemps. Après de maintes protestations (c'est bon vous pouvez arrêter les combats dans la bande de Gaza) et vu que c'est samedi et que je me suis réveillée à 6h30 ce matin, que Toyboy va probablement ronfler jusqu'à 11h, je me suis dit allez hop un peu de courage, le monde a besoin de savoir si tu as mangé des céréales ou des cookies ce matin.

Bon tout d'abord, j'ai bien eu le monde puisque je n'ai mangé ni l'un ni l'autre. Prend ca, monde.

Je suis en congé maternité depuis 1 semaine maintenant. Oui parce que j'en avais marre et que j'accouche dans 1 mois et 3 semaines (si tout va bien). Disons que pour résumer, j'ai bien aimé être enceinte les 4ième et 5ième mois mais c'est tout. Les 3 premiers mois j'avais une constante envie de vomir et au 6ieme mois, les emmerdes ont commencé et j'ai mal partout tout le temps, j'ai envie de pleurer quand je vois mon corps déformé dans la glace, j'ai juste envie d'être en pyjama chez moi. Super épanouïssant.

Evidemment je n'ai pas le droit de me plaindre parce que "tu l'as voulu hein". Ouais d'accord mais j'aurais préféré pondre un oeuf à choisir. Ou une mère porteuse. Ou un chat.

Une femme du boulot m'avait amené plein de magazines aux titres évocateurs "Mother and Baby", "Pregnancy and birth", etc... enfin pas le genre de trucs que j'aurais acheté moi-même. Mais bon comme ils étaient là, j'en ai lu quelques uns. Bon, c'était une expérience complètement nulle. Déjà les bonnes femmes, elles sourient bêtement avec une main sur leurs ventres un peu gonflés, elles sont évidemment longues et sveltes avec leurs grosses dents blanches et leurs cheveux brillants et impeccables.

Mais moi je sais bien que c'est n'importe quoi. Il était où le photographe quand elles avaient la tête sur la cuvette des toilettes? quand elles pouvaient même plus s'asseoir à cause de leurs hémorroïdes? ou quand elles devaient se rouler du canapé pour pouvoir se lever? quand elles pleuraient parce qu'elles n'arrivaient même plus à mettre leurs chaussures toutes seules? quand elles découvraient leurs ventres et poitrines couverts de vergetures malgré l'application acharnée d'huiles et autres crèmes? hein? HEIN??????

Et puis les conseils des magazines sont tout aussi cons que les bonnes femmes qui posent. Genre fais des exercices, parle à ton enfant, fais lui écouter Mozart, expose ton ventre au père pour que lui aussi puisse le toucher et échanger des propos supers interessants sur la politique extérieure du Guatemala avec sa progéniture.

Mais non putain, je veux pas faire d'exercices parce que J'AI MAL PARTOUT. Lui parler, bon, je lui dis quoi? "Oh t'as bougé ", "Rohlala je t'aime déjà même si tu es en train de me ruiner les cotes", " Maman va faire caca maintenant"? Lui faire écouter Mozart? alors que j'en écoute pas d'habitude? pourquoi????et Toyboy, il le sent bien bouger quand il met sa main sur mon ventre et c'est chouette. Mais pourquoi lui gâcher ses 9 mois de tranquilité à lui dire des trucs nuls alors que tout le reste de sa vie, il va devoir subir le bruit et les conversations pourries de son entourage? Moi je dis, foutez la paix aux bébés.

Non mais j'ai quand même moins une humeur de merde depuis que j'ai arrêté de travailler. Je peux effectivement trainer en pyjama chez moi sans culpabiliser et même pour la première fois de ma vie, il y a une petite télé dans notre chambre parce que des fois j'ai trop mal au dos pour rester sur le canapé. Du coup on a pris l'habitude de regarder religieusement "Masterchef" tous les soirs sous la couette. Et après je m'endors (je précise que Masterchef finit à 21h).

A part ça, comme évènement marquant, j'ai eu 32 ans (vous avez sans doute suivi les diverses cérémonies en mon honneur à la télévision). Et comme super chouette cadeau, j'ai eu la visite de mes poulettes Alana et Tessa qui ont chacune du réserver un avion entier pour m'apporter tous les cadeaux qu'elles m'avaient préparé. En gros, je n'ai rien à acheter à mon enfant jusqu'à sa majorité.

On a passé un excellent week end toutes les trois, à manger, discuter, se ballader. J'en avais vraiment besoin. Quand on faisait les magasins de puériculture (oui car ayant chacune un fils, je comptais sur leurs lumières pour me dire quoi acheter parce que moi je suis complètement perdue), Alana me montrait des trucs en me demandant "et ça tu as ou tu vas acheter?" et moi je regardais les trucs en question mais je savais même pas ce que c'était.

Toyboy avait mystérieusement "disparu" comme à chaque fois que j'ai des visites (je pense que les gens vont finir par penser qu'en fait il n'existe pas et que je suis une mytho complète) mais nous avait quand même fait un chouette pavlova et on a plein mangé en faisant des gros miams et tout.

Tessa s'est acheté un chouette tee shirt chez Urban Outfitters avec un mignon chat qui dit Fuck off et moi aussi (à Topshop) sauf que le mien dit Screw you. J'ai pensé que c'était tout à fait approprié pour une future mère. En plus ca va très bien avec mon bas de pyjama et ca envoie un message bien clair aux démarcheurs qui sonnent 30 fois par jour chez moi.Ben vous croyez quand même pas que je vais mettre ça ou ça? No way.

Sinon, Alana nous a offert à Toyboy et moi l'intégrale des dvds (j'en parlais ) ainsi que 2 livres de l'âne Trotro. C'est pour l'enfant bien sur. Pas du tout pour Toyboy et moi. Non. Pas du tout. Même si Ryan a envoyé une lettre de réclamation à Gallimard Jeunesse parce que dans "Le cadeau de Trotro", après d'insoutenables pages de suspense, on sait même pas ce qu'il a reçu comme cadeau, Trotro. Enfin bon je veux dire, c'est complètement irresponsable de la part de l'auteur, imagine les hordes d'enfants en pleurs, questionnant leurs pauvres parents sans fin, refusant de dormir tellement ils sont frustrés de ne pas connaître le contenu du paquet remis à ce con d'âne.

Aujourd'hui, avec Toyboy, nous avons prévu une journée passionnante: l'achat d'une poussette. Oui, je sais, je suis maintenant enviée par tous.

Bon c'est pas tout mais il faut que j'aille faire pipi.

Et surtout que j'en parle à mon enfant.