
Je dois dire que Toyboy remplit sa fonction d'homme au foyer très bien. Le pire, c'est que je crois qu'il aime bien ça. Jeudi, Queenie est parti rendre visite à une amie, alors j'ai proposé à Toyboy de venir un peu chez moi pour bosser sa thèse pendant que je travaillerais dur pour ramener l'argent du ménage.
C'est comme ça que tous les soirs, la vaisselle est faite, le frigo est plein, le bain est chaud et l'homme me lave avec douceur et sensualité, et lorsque je me lève, le café et les muffins m'attendent au garde à vous. J'ai retrouvé le paradis perdu. Il était dans mon salon.
Vendredi soir, je me suis endormie à 21h, oui, oui, 21h. Epuisée. mais pas par le travail. Non, non. Par Toyboy himself. Dieu que cet homme est demandant. Sexuellement parlant, hein. Ben voilà et après moi je suis flappie.
Samedi, lever tôt (tu m'étonnes, en se couchant à 21h...), petit dèj' au lit préparé par Toyboy, sexe encore, ce qui fait que bon, je me suis levée à 13h au final. Puis direction le Musée d'Art Contemporain pour aller voir l'expo sur Andy Warhol. Pas que je sois une inconditionnelle, mais bon, j'avais juste envie. Et puis quelqu'un qui a fait une sérigraphie sur des pandas ne peut pas être totalement mauvais.
La file d'attente était assez longue, mais pas assez pour nous dissuader. Pour faire passer le temps, je m'attarde sur la liste des tarifs spéciaux. Bien entendu, pas un qui me correspond. Ni étudiante, ni chômeuse, ni assez jeune, ni trop vieille, bref, je vais me faire moutre et je paye mes 8 euros sans broncher.
Cependant, je lis "Gratuité pour les habitants de Birmingham". Oui, parce que Lyon et Birmingham sont jumelées. Et Toyboy vient de Birmingham (le pauvre). Birmingham c'est Dunkerque en grand. J'y ai passé 3 mois pour un stage et la seule raison pour laquelle je ne me suis pas suicidée, c'est parce que je rentrais à Londres tous les week-ends.
Je me tourne vers Toyboy, enthousiaste, et je lui dis "Eh t'as vu, c'est gratuit pour toi! Merde, c'est dingue, tu dois être le seul habitant de Birmingham dans cette putain d'expo, il faut faire valoir tes droits!!!". Malheureusement, il fallait un justificatif. Bon, c'est QUOI exactement un justificatif qui dit que tu viens de Birmingham, vu que la carte d'identité n'existe pas en Angleterre et que c'est pas marqué sur le passeport? un bout de charbon des anciennes mines? un papier du maire? comment est ce que tu peux prévoir que le musée d'art contemporain de Lyon te laisse rentrer gratuit si t'es de Birmingham? J'ai eu beau dire à la dame que Toyboy venait de Birmingham, elle a rien voulu savoir. je lui ai dit "Mais madame, c'est la vérité, et si vous connaissiez Birmingham, vous sauriez que personne ne peut se vanter d'être de là-bas. IL PREND SUR LUI!"
Mais bon, il a payé. Mais que 5 euros parce que Monsieur a une carte de l'université. Salaud.
Dans toutes les salles, il y avait des filles maigres avec des cheveux longs qui essayaient d'expliquer les oeuvres à des groupes de visiteurs qui avaient des gommettes rondes rouges collées sur leurs pulls en disant "Moi ch'pense...". Probablement des étudiantes des Beaux-Arts embauchées pour l'occasion. Qui pensent, donc.
A la même allure de visite que moi, un couple et leur fils, eux, la cinquantaine, lui, 17 ans peut-être. Le père, docile, regarde les tableaux, le fils a l'air interessé, il regarde avec attention. La mère est à côté de lui, ne sourit pas. Nous sommes dans la salle de L'oxydation painting, autrement dit, de l'acide urique (de l'urine, quoi) sur supports de cuivre. La dame le lit sur la petite pancarte à gauche d'un des tableaux et offusquée, s'exclame bien fort "AH! et les gens payent pour voir de la pisse sur des toiles!!! Ah ben bravo!!". Son fils fait profil bas.
Salle suivante,une pièce sombre, des négatifs de photos éclairées par des ampoules. Il faut donc se pencher pour les voir. Le fils s'exécute, et la mère parcourt la pièce d'une traite en râlant "Moi je ne m'arrête pas, de toutes façons, on voit rien!".
La dame m'intrigue plus que l'expo. Je la suis, la scrute, à chaque oeuvre, elle croit bon d'exprimer son avis d'une voix qui porte. Envie de lui foutre la tête dans la pisse du tableau. Bien sûr, elle a le droit de ne pas aimer. Mais son attitude est exaspérante, ne serait-ce qu'à l'égard de son fils qui s'ouvre à l'art. Je la laisse à ses turpitudes et je rejoins Toyboy dans la salle des petits tableaux, ma préférée je crois avec les photos de Basquiat. On regarde les pandas sérigraphiés.
La visite terminée, nous nous rendons au café du cinéma à côté du musée pour attendre la scéance de "Aviator". C'est un peu glauque, le serveur nous apporte nos boissons sans prendre la peine de nettoyer la table. Je me dis que c'est dans la continuité de l'art contemporain.
Le film, pas mal, un peu lisse, mais un très bon divertissement.
Dimanche, lapin-day, je ne me rappelle pas avoir été aussi active sexuellement en une journée. Et aussi, j'ai fait la cuisine. Mais pas en même temps hein.
Ouais, de la vraie cuisine. Et c'était vraiment bon. Sauf que ça a pris 3 fois plus de temps que prévu parce qu'à chaque fois que Toyboy essaye de m'aider ça finit sur mon lit. Ou ailleurs.
Demain soir, on va chez May que j'ai revu la semaine dernière après quelques mois de silence (j'en suis coupable). Et puis ce ouikend, j'ai décidé d'arrêter de faire mon égoïste, je vais sur la Côte d'Azur voir ma grand-mère. J'appréhende un peu de retourner dans l'appart où mon grand-père s'est tiré une balle il y a presque un an.
Mais je crois qu'entre ma grand-mère et moi, je ne suis pas la plus malheureuse des deux.
