25/01/2005

La moufle



Je sais pas chez vous, mais içi, il fait -30°C. En plus, je vous ai pas raconté l'épisode dramatique où j'ai perdu une de mes moufles à cause d'un vigile de chez Zara qui a cru que j'avais volé quelque chose, parce que ça relevait du niveau zéro de l'interêt, mais n'empêche que maintenant, j'y pense, moi, à ma moufle, et je me demande ce qu'elle a bien pu devenir, elle n'a même pas eu le droit à une sépulture décente. Enfin, ça mérite pas un moufleton quand même (quoi que si Gérard Holtz et Sophie Davant le présentent, je dis pas non). Mais quand même, j'ai froid aux mains.

Tiens hier soir, j'ai regardé "Holocauste" sur Arte. C'est le premier film que nous avons vu, ma soeur et moi, sur la shoah. Et peu après, mes grands-parents maternels nous ont emmené au Struthof, un camp de concentration en Alsace. Je peux dire qu'après ces deux évènements, je n'ai plus jamais regardé mes grands-parents de la même façon. Jusqu'à là, je m'étais toujours demandé pourquoi ma grand-mère paniquait chaque premier mercredi du mois en entendant la sirène traditionnelle retentir, pourquoi elle tressaillait à chaque fois que le bruit d'un avion passait d'un peu trop près, pourquoi elle avait fait des provisions de 50 kilos de sucre en 1990 pour la 1ère guerre du Golfe, pourquoi elle s'inquiétait qu'il n'y ait jamais assez à manger (moi je croyais juste que c'était un truc de grand-mère de gaver les gens comme des oies anémiques).

Putain, et moi, je vous parle de ma moufle.