
J'ai gagné au concours "l'histoire la plus pourrie de la blogosphère" et je sens que ceux qui voulaient me rencontrer vont prétexter un cours de poterie.
Evidemment, ça ne pouvait pas durer. Je me disais déjà depuis plusieurs jours que ça ne pouvait pas continuer comme ça: le bonheur ne vient jamais seul. C'est une vraie saloperie ce bonheur, un vrai traquenard. Il t'attend au tournant pour t'en mettre plein la gueule, en fait, il est caché derrière son petit muret, attendant le moment opportun et il te balance un truc bien pourri avec son petit rire narquois.
Comprenez-moi bien, il ne m'arrive jamais rien de gravissime, mais j'ai le chic pour toujours me taper des maladies chiantes, rares, voire honteuses. La classe.
Donc, voilà l'histoire.
J'avais déjà parlé de mes terribles démangeaisons dans un post précédent, et je pensais qu'elles étaient dûes à une allergie quelconque, donc je ne m'en étais pas préoccupée plus que ça. Vendredi midi, je déjeune avec mon père, et des petits boutons commencent à apparaître sur mes mains, ça devient vraiment à la limite du supportable. Je décide donc de me rendre chez ma dermato en urgence, parce que quand même ça commence à m'inquiéter.
"Bon, déshabille toi, on va voir ce que c'est". Elle regarde, inspecte, ne dit rien, et moi je suis là "alors, c'est quoi? hein?", son silence et son regard perplexe me perturbent beaucoup. Elle dit "C'est vraiment étrange. Mais là je ne vois qu'une chose. La gale."
Enfin moi elle m'aurait dit la lèpre, ça m'aurait fait le même effet. Moi, je croyais que dans nos putains de pays de riches occidentaux, ça n'existait plus, la gale a été remplacée par les maladies cardio-vasculaires. Je pense tout de suite à Queenie qui se fout de moi depuis deux semaines en me disant que j'ai la gale. Bon, là, forcément, ça va le faire moins rire, parce que c'est über-contagieux.
Je ne comprends pas vraiment comment j'ai pu attraper cette merde et la simple idée de vivre avec un corps étranger sous la peau me dégoûte un peu quand même. Je me sens tellement mal que je me justifie bêtement "non, non c'est pas possible, je me lave". Ma dermato rit un peu et me dit, ben bien sûr, mais tu sais, il y a une recrudescence en ce moment, y'a même toute une école maternelle qui a été infectée.
Elle m'explique qu'un seul contact suffit, je peux avoir attrapé ça dans les transports en commun par exemple. Moi, je lui dis mais putain, y'a plein de chouettes maladies normales à attraper dans les transports en commun, genre la grippe, un bête rhume, une angine, mais non, moi j'ai préféré la gale, c'est mon côté anticonformiste, rebelle attitude, eh ouais les gens, je suis différente de vous, même mes maladies sont punk.
En plus, je dois absolumment prévenir Toyboy. "Allo, chéri, ça fait un mois qu'on est ensemble et pour fêter ça, je t'ai offert un super cadeau.... je veux tout partager avec toi"
La dermato me prescrit un traitement, la gale peut disparaitre en 48 heures en fait, mais le plus nul, c'est qu'il faut tout laver, tout désinfecter. Je sens déjà le super ouikend que je vais passer.
J'appelle Toyboy et je lui dis qu'il faut que je passe le voir, donc je passe. J'ai un peu la honte. Bah ouais. Je lui explique ce que j'ai et puis il me dit que ça à commencé à le démanger le jour d'avant, donc bon il est infecté aussi, c'était fatal, parce qu'on a dormi ensemble presque tous les soirs et puis bon on a pas joué au scrabble.
J'appelle Queenie pour qu'il fasse le traitement aussi et je passe mon samedi et mon dimanche à la laverie avec Toyboy et Queenie, les trois galeux de service, mais bon, en fait, on en rit parce que c'est un peu drôle quand même.
On mate des films ("Beautiful thing", "Not another teen movie", "The good girl") dans notre appart désinfecté à fond.
Je cuisine une tarte tomates/paprika et ma gale fait la vaisselle.
