09/11/2004

Histoires hivernales



Pas le temps d'écrire hier, journée trop chargée, journée de merde où j'ai passé la première heure à m'engueuler comme n'importe quoi avec deux collègues, juste parce qu'on était tous énervés et qu'il fallait qu'on se défoule. J'en avais les larmes aux yeux, bien aidée par la fatigue et l'arrivée imminente de mes règles (je remarque à ce propos que ce journal est bien pratique pour vérifier la régularité de mes menstruations puisque je me sens le devoir d'en faire profiter tout le monde à chaque fois, ndlr).

Il faut dire que j'ai passé le ouikend dans une bulle toute pleine de trucs doux à l'intérieur. Vendredi soir, Toyboy m'avait préparé un petit dîner d'amoureux avec des bougies et tout, du vin, de la musique, c'était très chouette. Le lendemain matin, pas besoin de se lever, alors grasse matinée avec du thé et du sexe, une chouette association mais pas en même temps, hein, ça peut être très dangereux. Puis nous nous sommes décidés à sortir parce que Toyboy devait s'acheter des chaussures et moi je devais passer chez mes amis la régie immobilière pour leur remettre des clés et un contrat d'entretien de la chaudière, et puis je voulais acheter la BO d'"Eternal sunshine of the spotless mind".

Toyboy s'est acheté des chaussures, en 2 minutes chrono, et moi j'ai pas trouvé mon CD, ils étaient en rupture de stock partout. Alors, bon, j'ai râlé un peu pour conserver un peu du cliché "français-jamais-content" auprès de mon audience anglo-saxonne. Après nous sommes allés déjeuner dans un petit café que j'aime beaucoup. C'était très bon. On a mangé très lentement, parce qu'on a pas mal discuté, et puis aussi on se regardait. Les gens autour de nous auraient pu disparaitre, on ne s'en serait pas rendu compte.

Retour à l'appart pour un petit moment graou puis je laisse Ryan à la préparation de ses cours, et je vais rejoindre ma Tessa, Ezechiel, Fred, Boubou et Bioman pour boire un verre en ville. Ca me fait très plaisir de les voir mais je ne peux m'empêcher de m'absenter 5 minutes pour aller dans ma librairie préférée. J'achète deux bouquins à Toyboy un en français et un en anglais.

A 18h00, je retrouve mon dinosaure au ciné et nous allons voir "Aaltra", et on arrête pas de rire surtout pendant une scène d'anthologie vers la fin du film où un finlandais à moustache chante "Sunny" accompagné d'un bontempi en inventant des paroles surréalistes avec le peu de mots qu'il connait en anglais, dont plein de "fuck".

Back chez Toyboy, je lui fais la cuisine pendant qu'on discute de tout et de rien mais surtout de la possibilité de créer une race de lapin-dinosaures, nommés les lapinosaures, afin d'envahir le monde. Le reste de la soirée, je la passe dans ses bras. C'est fou le temps qu'on passe à se regarder dans le moindre détail, sans rien dire, et c'est même pas chiant. Ce que j'adore c'est quand il s'humidifie la lèvre du bas, asséchée par les premiers assauts de l'hiver. Ca me fait penser à Scarlett Johansson dans "Lost in translation". Über-glamour.

le lendemain, je pars assez tôt dans la matinée car je veux absolumment déballer tous mes cartons et réussir enfin à monter ma putain d'armoire Ikéa que j'ai mollement laissé choir sur le sol, à moitié assemblée. On dirait une sorte d'animal agonisant sur le parquet. Ca fait mal au coeur.

Avant de rentrer chez moi, je passe dans une boulangerie et j'achète deux croissants que je pose devant la porte de Toyboy. J'ai dessiné sur le petit sac en papier une espèce de coeur pourri avec un stylo qui marchait à moitié. Une fois dans la rue, je lui envoie un sms "Open the door and look down". Je me trouve géniale.

Journée passionnante de rangement.

Puis le soir, Toyboy débarque chez moi et nous allons au resto indien. Le serveur nous aime apparement bien, il nous offre plein de nans gratuits, et aussi un lassi à la mangue, les apéros et les digestifs. Bon, il faut dire qu'en l'espace de deux semaines il a du me voir 53 fois. J'ai presque une carte de fidélité tatouée dans le dos.

En rentrant, on regarde "C'est arrivé près de chez vous", c'est assez culte en Angleterre. Puis, au lit.

Réveil assez douloureux puisque c'est lundi et qu'il faut que j'aille bosser. La journée me paraît durer une éternité, les gens me paraissent chiants, moches et fades, je n'aspire qu'à ne plus les voir du tout. Je reçois un message de W. qui me dit être content pour moi, et me demandant si on va se revoir. A vrai dire ça me laisse un peu perplexe. Honnêtement, moi j'avais envie de le revoir avant mais je me disais que peut-être il y aurait un risque de dérive sexuelle, et c'est ce qui m'interessait en partie. Mais maintenant, plus aucune chance, du coup, je me demande quel serait l'interêt de cette rencontre. Bon je suis consciente que réduire les gens à une fonction de plaisir ambulant est peu flatteuse. Je m'en fiche un peu après tout. Je suis détachée. Il est retombé dans le "un parmi d'autres". C'est comme ça.

Je suis bien contente quand la journée est terminée. Je prends un long bain et j'attends le retour de Londres de Queenie.

Je reçois un coup de téléphone: c'est Queenie. Il est encore en Angleterre. A l'aéroport, ils n'ont pas voulu qu'il embarque, parce que le plastique autour de la photo de son passeport était un peu décollé. Et c'est une des caractéristiques des faux passeports. Mais bon, là c'est juste l'usure. Donc, Queenie est bloqué, et le pire c'est qu'en revenant par le train, il s'est fait piqué son portefeuille avec tous les documents lui permettant d'obtenir un nouveau passeport. Et son argent, ses cartes de crédit, son chéquier. La merde, quoi. Je lui promets de m'occuper de Jeffrey, son singe en peluche tout miteux, pendant son absence.

Je me couche très tôt et je m'endors très vite, je fais des rêves bizarres, je ne m'en souviens plus exactement, ça me reviendra probablement dans la journée.

Sinon, ma Alana est dans sa grotte et je n'ai pas beaucoup de nouvelles. Elle m'avait prévenu mais j'aime pas ça quand même, je préfère qu'elle râle et qu'elle se décharge de ce qui la rend triste, en colère. Et quelque part, je crois que je culpabilise, j'ai peur qu'elle pense que je ne pense pas à elle, que je vis en huis clos mon histoire avec Toyboy. Mais la place pour elle ne change pas, il y a un gros panneau réservé dessus, et puis elle me trouvera toujours pas loin. Je ne classe pas les gens par ordre d'importance, je ne veux pas m'enfermer. Je vis ce que j'ai à vivre mais ça ne veut pas dire qu'elle compte moins.

Ma Tessa vient chez moi à partir de mercredi ou jeudi soir, et je suis bien contente de l'avoir un peu pour moi toute seule, comme ça je peux la taper.

Et elle essayera encore de coucher avec moi.