16/04/2004

Soldée

Décidemment je suis très forte en semaines à thème. Il faut que je réfléchisse pour la semaine prochaine ("Ecrous et purée mousseline", ou "Gestalt therapie et imprimante à jet d'encre" sont en bonne position), en tout cas, celle qui s'achève bientôt aura été celle du sexe facile et de la chanson française, comme quoi, les deux ne sont pas incompatibles. Plus que deux jours pour en profiter: si interessés, écrire au journal qui transmettra.

Donc, au grand prix du jury de "über-grave" de l'année, je postule. Tant qu'à faire n'importe quoi, autant y aller complètement, alors voilà, hier soir, dans ma grande faiblesse sexuelle, j'ai couché avec Citron. Et c'était bien. Je dirais même c'était beau. Alors que ça ne l'a jamais été. Mais nous savons que ça ne remet rien en cause du tout, et c'est ça qui m'importe. Parfois je me fous de moi-même.

Mon corps n'est rien et je l'offre à tout va. Il est une marchandise sur un étalage, on le prend, on le jette. Je me traite avec peu d'égard, comme si ce corps m'encombrait et que de le donner allait m'en débarasser à jamais. Les douleurs infligées dans mon enfance m'ont appris que c'est avec mon âme et pas avec mon corps que j'allais devoir survivre. Je peux facilement oublier mon enveloppe charnelle, penser à autre chose, ne plus avoir de respect pour ma propre chair, qui est de toutes façons salie à jamais.

Hier soir, je me suis sentie seule, tout à coup, en sortant la lessive.

C'est toujours en faisant des tâches anodines qu'on se sent seul.