Vendredi soirJe reste deux heures à Viva Dolor où je parle avec Navette de mon futur tatouage, de son appétance incontrôlée pour les Délichoc et les différentes techniques pour les manger (à notre avis, manger d’abord le chocolat qui déborde du biscuit, puis s’attaquer au reste).
Il esquisse un peu le dessin, fait une photo de mon dos et on raconte des conneries.Avec Citron, dîner chez Lolo et A., je mange trop de biscuits apéritifs, du coup, j’ai mal au cœur.Samedi matinJe demande à Citron : « Tu vas m’aider à déménager la semaine prochaine ? »
Il répond : « Non, ce sera trop difficile »
Je dis : « D’accord, je comprends »
Ensuite, on boit un café.Je crois que c’est à ce moment précis que je me rends compte qu’il va me manquer.
Samedi après-midi
Je rejoins Fred, Tana et Dina au Kikikaïkaï et je bois une grenadine, parce que j’aime bien la grenadine. Il fait beau, on parle de pique-nique, Fred n’aime pas ça, il préfère les barbecues. On parle du voyage de Tana au Sénégal, elle nous raconte l’histoire d’un beauf qui connaît Sophie Favier et qui a dit à une de ses amies « Ca te dit chambre 42 après minuit ? », ça nous fait rire.
Après je bois un chocolat à la cannelle, et c’est bon aussi.
Ezechiel, Ernest et Boubou nous rejoignent ensuite, je donne à Ezechiel la copie de « American IV : the man comes around » de Johnny Cash que j’avais initialement prévu d’envoyer à quelqu’un d’autre, mais finalement non. Il y a une petite hostilité entre Ernest et moi, parce qu’il a été vexé que j’écrive que c’était meublé comme un appart témoin chez lui, et qu’il s’est permis de faire des commentaires sur ma vie à Alana, alors que franchement, dans sa position, il n’a qu’un droit, c’est celui de fermer sa gueule.
J’écoute ses histoires d’avocates blondes qui font du 110 D d’une oreille et puis on va se balader, avec Xavier en plus, un ami de Fred. Je croise un des bloggers lyonnais de l’autre fois, celui qui m’a emmené boire des rhums-coco, il m’offre une clope, filtre blanc, la classe, et me demande ce que je fais le soir même, mais je ne le sais pas, il me dit qu’il y a un concert au Voxx, je dis que je passerais peut-être, on se sépare sur ces bonnes paroles.
Je passe faire un bisou à Eric et Manu à Kiliwatch, un magasin où j’ai bossé pendant 1 an, on parle 5 minutes, ils glandouillent comme d’habitude, ça me rappelle de bons souvenirs.Je rejoins les autres un peu plus loin.Samedi soirDîner avec Tana et Fred à la Jonque, on mange un énorme Bin-bo-nem, et ça inspire Fred pour ses poèmes grivois.
De retour chez eux, je bois une verveine-menthe, parce que j’ai le sens de la fête.J’ai eu envie de sortir toute la journée, et puis là, non, j’ai envie de rentrer me coucher, en plus, je me rappelle que c’est samedi, et qu’il n’y a pas plus vulgaire que de sortir le samedi soir.
Fred me raccompagne donc jusqu’à chez moi, où je retrouve Réglisse (le chien de ma voisine que je garde pour le ouikend), que je décide de sortir un peu. En descendant les escaliers, je croise le nouveau voisin qui fait sa pendaison de crémaillère, il me dit de venir boire un verre. J’accepte, je lui dis que je viens dès que je rentre.
Il n’est que 23h. Je passe devant le Voxx en me disant que peut-être j’apercevrais le blogger, mais en fait non, et puis j’ai pas envie d’aller toute seule là-bas, il va croire que j’ai pas d’amis.Je me la pète en promenant le chien.
Ma ballade terminée, je dépose la chienne chez moi et je vais frapper à la porte du voisin.Et là, c’est énorme.
Je rentre dans l’appartement où résonne une espèce de techno, je parcoure d’un coup d’œil l’assemblée et réalise que je suis la seule présence féminine sur la soixantaine de personnes présentes.
Le voisin me dit « T’as pas amené ton copain ? »Je ne sais pas si vous connaîtrez un jour la douleur de vous retrouver dans une pièce remplie de personnes du sexe opposé, de surcroît des gens beaux, bien foutus, bien habillés, et que pas UNE ne vous regarde. J’aurais été entièrement nue, ça n’aurait rien changé. Le cheveu sur la soupe, c’était moi.
Le voisin me fait visiter l’appart, nous passons par la chambre, je vois sur le PC allumé un petit film-montage où se succèdent de charmantes réjouissances anales.
En fait, il y a une autre fille, « une lesbienne » me dit mon voisin, qui n’a même pas la décence de me draguer pour que je me sente à l’aise. Je discute avec un certain Nabil, très gentil, mais bientôt quelqu’un vient se frotter à lui, je sens bien que je dérange. Mon verre de vin dans une main, une clope dans l’autre, je vis un grand moment de solitude. Je prends congé en remerciant le voisin pour son accueil. Il me demande une dernière fois si mon copain va venir.
Je me pose chez moi et je discute du cours de la viande de koala en Ouganda avec Réglisse. Après je m’endors minablement devant la télé et quand je rouvre les yeux, je vois Mya Frye et une vache, ce qui me semble à la fois une antinomie et un euphémisme.
J’appelle O., j’ai oublié son anniversaire, je suis une merde.
J’appelle Alana qui fait l’ermite et ça lui attaque sérieusement le cerveau. Du coup, on médit sur tout et rien comme des ménagères hystériques. Très chouette.
Citron rentre à ce moment là avec Lolo, il est 3h30 du matin, je me décide enfin à rejoindre mon lit.Dimanche matin.10h00, je pars en promenade avec Réglisse. J’aime bien arpenter les quais, déambuler entre les étalages des bouquinistes, passer par le marché de la Création, où il y a plein d’artisanat très kitsch, voir le groupe de faux péruviens déguisés en Indiens essayer de refourguer leur cd de reprises à la flûte de pan (ma préférée, « Dancing Queen » de Abba) à des touristes en short, etc…Si ma journée pouvait se limiter à cette virée dominicale et hop, j’irais me recoucher, je prendrais.
Nous croisons un père avec ses deux enfants : il porte un petit pantalon beigasse en flanelle, sûrement LE pantalon « détente », un pull col en V rose saumon, des mocassins mous et une calvitie avancée. Un des enfants est dans une poussette et l’autre a une branche d’arbre dans les mains et fait un peu l’imbécile, mais pas trop. Il me voit de loin avec le chien et crie à son père « Wah, regarde Papa, c’est un chien ! ». J’en déduis que l’enfant est tout à fait perspicace. Réglisse est une femelle labrador noire, calme et douce, un peu comme moi, quoi (ben oui, hein) (mais moi je suis pas un chien). Nous nous avançons et l’enfant s’approche. Je lui dis « Tu veux la caresser un peu ? ». Il me sourit et tend sa main, lorsque son père s’exclame « Non, non tu regardes juste, tu ne touches pas ». L’enfant se recule, déçu. Puis il regarde Réglisse et dit « Ce chien c’est une patate ». Ni une, ni deux, je m’empare mentalement du gamin et le fous à l’eau. Réglisse n’est pas une patate. Petit con.
Je dis à Réglisse de pas s’en faire, que de toutes façons le petit était mal barré dans la vie, vu les fringues de son père.Nous repartons d’un pas décidé, emmerdant le monde entier.Dimanche midiJ’ai faim.Je jette un coup d’œil aux denrées alimentaires restantes. Un morceau de quatre-quart cheap, un fond d’huile d’olive et de la poudre d’amande.Je cherche une combinaison possible entre les 3 aliments.
Cet exercice vain m’épuise.Je vais me recoucher.
Dimanche après-midi
25 minutes après avoir retrouvé mon lit, Ezechiel m’appelle et me raconte sa soirée chiante avec des statisticiens. Il me propose d’aller boire un verre, je dis oui. Il me reste deux heures avant d’y aller, je décide donc de faire un peu de luminothérapie en allant m’étaler sur le transat de la terrasse. Je suis comme un chat au soleil, je me tourne, me retourne et ronronne. J’ai l’impression d’être au bord de la mer, parce qu’il y a du vent qui fait bouger les canisses et fait voler les petits poissons en polystyrène bleu que Citron a accroché un peu partout.
Les bruits de chasse d’eau de l’immeuble se transforment en remous des vagues, le collier du chien en tintement de mâts.
Réglisse va et vient entre la cuisine et la terrasse, je vois bien qu’elle s’ennuie un peu alors je lui propose un monopoly mais elle trouve que c’est un jeu trop capitaliste.Je traîne.Il est 15h24, j’ai rendez vous dans 6 minutes.
Dimanche après 15h24
Ezechiel m’attend en bas de chez moi, on décide d’aller à la buvette des Célestins, cher, serveurs pas aimables, mais sur les bords de Saône, ce qui rattrape tout le reste.On parle de célibat, de week-ends à la mer, de PJ Harvey, de tatouages, de fête nationale du Portugal, on observe un insecte sur la table qui a l’air de bien aimer Ezechiel, on boit un café pour lui, une grenadine pour moi (deux en deux jours, c’est presque une addiction). Je lui parle de mes difficultés culinaires, il me dit qu’à ma place, il aurait dilué la poudre d’amande dans de l’eau chaude pour en faire une bouillie. Je reste un peu perplexe.
A un moment donné, Ezechiel me fait une révélation fracassante : il m’avoue avoir eu ,il y a quelques années de cela, une relation sexuelle avec sa copine de l’époque dans ma salle de bains. Je suis outrée. Du coup, en guise de réparations, il m’offre une relation sexuelle dans sa salle de bains avec le personne de mon choix. Il réussit ainsi à me calmer, mais de justesse.
Ezechiel, dans un faux mouvement, tue l’insecte qui était presque devenu notre ami. Nous faisons une minute de silence.Nous partons, traversons la passerelle qui mène à la vieille ville, puis pénétrons dans la rue piétonne remplie de touristes, ceux qui le matin même achetaient les cds des faux péruviens.
Je rentre chez moi, puis je regarde « J’ai décidé de maigrir » sur la 6 en mangeant des cookies. Jouissif.
Je pense à tous les cartons que je vais devoir faire la semaine prochaine, ce qui me procure une double sensation, l’effroi et l’impatience.
Je me lève et je fais une lessive parce que sinon je serais obligée d’aller nue au travail et ce serait ennuyeux.
Je pourrais attraper un rhume.
