
Je le voyais bien que depuis quelques jours ça n'allait pas très fort. Pas entre nous, mais lui. Il était "gris", comme il dit. Hier soir, je lui ai demandé ce qui n'allait pas et il a fini par me dire qu'il considérait sérieusement l'idée de rentrer en Angleterre. "La perfide Albion?!!!!!"me suis esclaffée dans un grand cri d'effroi tout en brandissant ma dague au manche d'ivoire. Non, je déconne, hein.
Je m'y attendais un peu à vrai dire. C'est vrai qu'on avait parlé de rester un an ici puis de décider ensuite de l'avenir. Mais là, tout est remis en cause puisque finalement, le départ se ferait beaucoup plus tôt que prévu, disons en début d'année prochaine. Et bien entendu, dans la capitale du monde: Birmingham.
Il m'a demandé de venir avec lui. (ouf). Et franchement, là, ce n'est pas un choix, c'est une évidence. Je ne veux pas rester ici sans lui, cette décision n'aurait aucun sens pour moi. Ce n'est pas un sacrifice, juste la continuité des choses. A vrai dire, ce qui m'effraie le plus est de prendre 20 kilos à cause des Toffee Crisp et des Maryland Cookies.
Je ne pars pas vraiment en territoire inconnu, évidemment, d'ailleurs mon compte bancaire à la Abbey National est toujours ouvert, je connais les principales démarches à suivre, j'ai déjà bossé à Londres et à Birmingham, et puis c'est pas comme si je partais en Terre Adélie (peu de chances que j'y aille d'ailleurs, tous les bons jobs sont déjà pris par les pingouins). Mais là, je peux pas vraiment me dire que je pars pour moi, que c'est un choix spontané. Non. Je pars pour être avec lui. Et je ne considère pas sa démarche comme égoïste, il ne m'arrache pas à un merveilleux avenir professionnel, ni à une ville que je vénère. Bien sûr j'ai mes amis, mais chacun fait sa vie, et je dois faire la mienne. Alana ne sera pas beaucoup plus loin de moi qu'elle ne l'est déjà, et je me rapprocherais de ma soeur et baby Mad.
Hier soir, en écoutant Sigur Ros (oui, Sigur Ros, ça s'écoute, car comme dit Toyboy "faire l'amour sur Sigur Ros, c'est comme faire l'amour dans une cathédrale", autrement dit, y'a pas moyen), j'essayais d'imaginer ma vie là-bas. J'y suis pas vraiment arrivée.
Pourtant ce matin, j'étais déjà en train de faire l'inventaire virtuel de tout ce que j'allais devoir faire, tout ce que j'allais devoir entreprendre. Parce qu'on ne part pas comme ça s'installer dans la capitale du monde.
Surtout avec ce putain de climat subsaharien.
