
Devinette: qui se cache derrière ce coussin complètement régressif et ose, sous pretexte que ce sont les vacances, mettre un immonde short en jean délavé découpé aux ciseaux?
C'est fou ce que je suis überbookée en ce moment. Ce qui me rappelle qu'il n'y a que dans l'urgence que je suis efficace. Je ne parle plus, j'agis. Au lieu de me dire "Tiens, je devrais voir cette personne" ou "j'en ai marre de ce boulot qui me fait chier", je VOIS vraiment les personnes, je CHERCHE réellement un autre travail. Du coup, je trouve. Mais, dis donc, qu'est ce que c'est fatiguant.
Je vis donc mes dernières heures ici, et tant mieux. Je range peu à peu mes affaires, je mets en ordre ce qu'il me reste à faire (c'est à dire presque le néant). Je suis prête pour le changement. Je dois dire que la perspective d'un avenir nouveau et incertain me réjouit, me galvanise, et moi qui croyait en mon petit confort, je suis à présent bien contente qu'il vole maintenant en éclats. Parfois, je me complais dans des trucs qui ne me correspondent pas, tout en me persuadant que c'est exactement que c'est ce que je veux. Et puis je me rends compte que je me suis plantée.
Toyboy lui aussi se cherche. Le métier de prof ne le satisfait pas, il ne veut pas vraiment s'engager dans cette voie, alors il réfléchit, hésitant entre une carrière de charpentier, de médecin urgentiste ou de vendeur de vélos dans les Alpes. Ben on est pas dans la merde. Surtout qu'il est pire que moi; par exemple, ça peut lui prendre toute une soirée pour décider si il va manger un Mini-Milk fraise ou vanille. Du coup, il mange les deux.
En tout cas, c'est bien de se manquer. On est parti en vacances chacun de notre côté. Lui à la montagne avec ses deux meilleurs potes pour faire du gros vélo. Je lui avais bien recommandé de refuser tout massage par une hollandaise à gros seins. Un ours, oui. Une hollandaise, non. Je sais, c'est mon côté intransigeant. Bref, il est revenu avec plein de cicatrices parce que les youhous en descendant les montagnes, c'est bien, mais les troncs d'arbres dans la gueule, ça fait pas youhou. Ca fait schplaf.
Le seul des 3 qui conduisait s'était cassé le bras, il a donc fait le chemin des Alpes jusqu'à Lyon le bras dans le plâtre, et pareil pour rentrer à Birmingham, et tout ce que je peux dire, c'est que c'est pas à côté.
Moi, j'étais en Alsace, où j'ai accompli l'exploit de perdre 2 kilos en une semaine. Rien que pour ça, je devrais être inscrite au Guiness book des records. Parce que l'Alsace, niveau bouffe, c'est les Etats-Unis: les portions sont énormes. Et tu sais, ils peuvent pas s'empecher de rajouter des trucs inutiles. Par exemple, si tu veux en dessert une crème caramel, elle sera forcément accompagnée d'une boule de glace, de chantilly et d'un coulis quelconque. C'est très bon, hein, moi j'adore l'Alsace, j'y ai même habité 7 ans, mais honnêtement, tout est dans l'opulence. Y'a du fric et ça se voit.
Je me suis balladée dans les vignes, et malgré le danger (un chien méchant, une vipère, deux mecs bourrés), je me sens bien dans cette région. Ce sont mes racines, moi qui ai tellement déménagé et qui ait du mal à m'établir quelque part, je me sens toujours un peu chez moi là-bas.
J'en ai profité bien sûr pour aller en Allemagne et faire ma provision de Hanuta. Il y a même une petite fille à qui j'ai parlé qui m'a chanté un peu de Schnappi. J'étais comblée.
Je crois que j'ai jamais autant lu en un été, j'aurais pu devenir actionnaire de la librairie de la petite ville vers laquelle je me trouvais. Mark, un des deux amis de Toyboy, m'avait amené les "Hitchhicker's guide to the galaxy", que j'avais vu en série télé en angleterre. Je voulais aller voir le film mais à Lyon, aucune salle ne le passe en V.O, c'est nul. Et j'ai acheté plein de trucs, une bonne dizaine de bouquins, dont "Le festival de la couille et autres histoires" de Chuck Palahniuk, qui m'a particulièrement marquée.
J'ai même feuilleté quelques "Votre temps" et autres "Reader's digest" de ma grand-mère, ce qui fait que maintenant j'en connais un rayon sur la ménopause et le sauvetage de hamsters. J'avais déjà appris avec Laurent Cabrol que si un hamster s'électrocutait, il fallait lui souffler dans les bronches avec une paille, mais là, je suis à deux doigts de m'en acheter un et de lui faire subir les pires trucs uniquement pour essayer de le sauver.
Enfin, bon, quand j'ai retrouvé Toyboy, on était tout contents, et puis j'ai rencontré ses deux meilleurs amis, un pas dont l'humanité entière se fout, mais pour moi, c'était important. D'autant plus que je me suis très bien entendu avec eux et Dave m'avait même apporté le dvd de "Ghost Dog" que je n'arrivais pas à trouver en France.
Puis ils sont partis, et la semaine passée avec Toyboy était vraiment bien, tellement bien que je me demande quand je vais me réveiller et qu'on va me dire que tout ça n'était qu'un rêve. On a parlé de l'éventualité de partir vivre en Angleterre l'année prochaine. Ca ne me rebute pas du tout à vrai dire, ce ne serait pas un sacrifice pour moi.
Mais avant tout, Toyboy doit décider si finalement, il préfère un Mini-Milk vanille ou bien fraise, parce qu'il y a un moment où on ne peut plus avoir les deux (sinon on devient gros). Et ça, c'est pas gagné.
