02/05/2005

Another one bites the Durst



Je viens de me souvenir de ce jouet que j'avais étant enfant, un chien rose débile nommé Poochie, et quand on lui appuyait sur la tête ça lui sortait un tampon des fesses.

Ouikend très paisible, j'en avais besoin puisque vendredi soir, je suis partie du boulot prématurément et comme une furie après un énième accrochage. J'ai éteint mon téléphone et ne l'ai rallumé que le lendemain dans l'après-midi. Du coup, j'avais pas envie de sortir vendredi soir mais Toyboy a insisté pour qu'on aille voir The Taste of Tea, un film japonais assez déjanté avec un scène culte de chorégraphie. Bon, et bien sûr, ça m'a fait du bien de me bouger au lieu de me morfondre.

Nous sommes revenus à pied parce qu'il faisait très doux: on passe par une petite rue, bloquée à la circulation par des flics, y'a plein de types en costard, on se faufile parmi eux, et je me retrouve nez à nez avec Dominique Perben et Douste-Blazy (je me souviens jamais de son prénom: Michel? Bernard? Robert? Jean-Pâté?) qui sortent d'une conférence pour dire OUI à l'Europe. Toyboy me tire par le bras et je lui dis qui étaient les deux bonhommes en précisant que ma mère supporte pas Douste-Blazy. Toyboy me suggère de retourner et de le lui dire mais je me vois mal tirer le mec par la manche en lui disant "Tiens, au fait, ma mère vous aime pas".

On mange en terrasse d'un petit café que je connais et qui propose au moins un plat végétarien différent par jour, et puis on rentre, mais pas facile de s'endormir avec les premiers beats du club en bas qui commencent à retentir.

Le lendemain, grand soleil, on se ballade toute la journée, j'hésite à acheter le DVD de "Eternal Sunshine on the spotless mind" mais il n'y a qu'une édition collector et je m'en fous, moi je veux juste voir le film, les bonus je m'en tape, si j'avais voulu connaître l'analyse de chaque plan, j'aurais fait une école de ciné. Donc, je le prends pas. En fait, je n'achète rien, pourtant, je traîne 1/2 heure dans les rayons avec le dernier Eels, le dernier Jude, le dernier Nas/Common, et puis non je repose tout en me disant que j'attend avec plus d'impatience la sortie du Ryan Adams (d'ailleurs c'est chiant, quand tu dis "je cherche Ryan Adams" ou "j'aime Ryan Adams", les gens te prennent pour un con parce qu'ils croient que c'est Brian Adams, celui qui avait fait la chanson geignarde de "Robin des Bois"). Toyboy achète deux places pour les Kills le 29 mai. Dont une pour moi. Ben oui.

Ah si, je m'achète un bouquin qui s'appelle Tabloïd Dreams dont les titres des nouvelles sont vraiment drôles: "Une femme perd un concours de patisserie et s'immole par le feu" ou encore "Renversée par un camion, une femme devient nymphomane".


*INTERLUDE*

Tiens, Toyboy vient de m'envoyer un mail et je me dis, mon Dieu cet homme est fou:

"Si tu venais chez moi ce soir, tu serais le temoind'un bouddhiste qui tue. LE MOUSTIQUE M'A MANGE TOUTE LA NUIT PUTAIN. Si je le vois ce soir, c'est le coussin de la MORT pour lui. C'est pas safe de me reveiller 1000000000 fois pendant la nuit quand jedois me lever à SIX HEURES DU MAT franchement non. Jevais rentrer chez moi, fumer, que dans le but de le distraire et faire penser que tout va bien, pas pour le plaisir, puis, quand je me releve, je vais le chasser jusqu'à la mort, l'écrasant sous mon coussin noir et sanglant. Le coussin sanguinaire. Le coussin du mal. Le coussin Wrath of Me. Pendaison et brulage du corps mutilé sont en option."

Holy mother of crap.


*INTERLUDE*


Bref, le samedi s'est ainsi déroulé et puis j'ai voulu faire un magasin ou deux alors j'ai dit à Toyboy que je le rejoindrais plus tard. Mais non, il voulait rester avec moi. Je lui ai dit que ça allait être chiant, et que ce serait mieux qu'il fasse autre chose en attendant, comme par exemple fumer un gros pétard ou aller à la chasse aux papillons. Rien à faire, il voulait absolument venir. Moi, ça m'embêtait parce que j'aime faire du shopping seule, ou alors avec au plus une amie qui aime les mêmes endroits que moi. Ou avec Queenie.

On entre dans le premier magasin. Je regarde une jupe et je la sors de son portant. Tout à coup j'entends un "Rrrrrrh", enfin, une sorte de borborygme, je me retourne, et c'était Toyboy.
"Quoi?
- On dirait un rideau."

Je continue, et là à chaque truc que je touchais ou même frôlais ou regardais vaguement, j'avais le droit à un "Rrrrrrrh" ou un "Pfffffff" ou un " Beuuuuh". Putain. Alors bon je lui fait comprendre que je me foutais de son opinion, parce que je me suis toujours habillée sans l'aide de personne et que mes goûts sont ce qu'ils sont. Au fur et à mesure des magasins, il rentre puis ressort de plus en plus vite, et m'attend dehors en fumant des clopes. Puis lorsque je le retrouve allongée sur un banc les yeux clos, je décide que ça suffit et j'abandonne. Il me sourit et me dit "En fait c'est chiant de faire les magasins". Je lui fous mentalement deux tartes et on rentre.

Le soir, on regarde "Gang de requins" parce que Queenie l'a loué. Les trucs d'animation, c'est gentil, mais quand t'en as vu un, tu peux te passer des autres, c'est toujours la même histoire à la con avec un personnage lambda qui devient héros par hasard et des petites blagues récurrentes comme dans les films de Bruce Willis au moment où il va buter quelqu'un (je me comprends). C'est mieux que Disney et ses chansons stupides, certes, mais le filon est exploité jusqu'à la moëlle, et c'est pas fini.

Evidemment je me suis endormie devant.

Le dimanche, Toyboy est rentré pour bosser chez lui et moi j'ai fait le ménage à fond en écoutant l'album "Mahogany Soul" de Angie Stone. Et j'ai lu. C'est tout.

Aujourd'hui en passant devant le kiosque à journaux, j'ai vu la couverture d'"Entrevue", et il y avait l'ancienne Miss France Laetitia Bléger à moitié à poil avec cette phrase d'illustration: "J'ai envie de me lâcher". Alors déjà, j'ai HORREUR de ces expressions fabriquées par la télé, comme "C'est que du bonheur", mais en plus, si montrer ses seins et son cul c'est s'affranchir et s'émanciper, je veux bien me suicider d'office.

La fille, elle s'est dit "Madame de Fontenay me gonfle, je vais montrer à tout le monde que je suis pas une petite fille sage!" et pour le prouver, elle a fait la 1ère compagnie, posé nue dans Playboy et raconté des conneries à Entrevue.

Cependant je rappelle que Melle Bléger est alsacienne et que subversion et choucroute s'accordent mal. Malgré tout, ce n'est certainement pas une circonstance atténuante. C'est comme Emma Daumas qui croit que parce qu'elle dit "Putain", "Ouais" et "J'en ai rien à foutre" dans ses interviews qu'elle est rock'n'roll. Damned.

Tiens, en parlant de subversion, j'ai vu la vidéo de "cul" de Fred Durst, le chanteur de Limp Bizkit, qui subjectivement est un groupe nul, et objectivement un groupe minable. Rappel des faits: son portable a été hacké et il contenait une vidéo de lui et une fille en train de baiser.

Si j'avais été vierge et que je ne connaissais pas les fantastiques moments que le sexe peut apporter, j'aurais définitivement fait une croix sur les hommes après le visionnage de cette saynette. On y voit le pâteux Fred avec sa bite rose prendre mollement en levrette une jeune fille (probablement groupie ou mannequin) qui réagit autant qu'une poule lobotomisée à un texte de Kant. Et après la fille lui administre une fellation. Et en prime, on a en guest le ventre poilu et le bras tatoué du chanteur.

Mais enfin quelle chance pour la fille qu'il l'ait prise en levrette, parce que sinon elle aurait vu ça:

Fred Durst, c'est comme un sac Louis Vuitton: c'est de la merde mais comme c'est connu, on croit que c'est bien. Et puis franchement, un type qui sort son téléphone portable pour se filmer en pleine action, c'est déjà pas classe, mais en train de filmer sa gueule de mérou pendant qu'il fait des allers-retours aussi glamour qu'un Saint-Etienne/Clermont-Ferrand dans une grognasse dont il ne sait même pas le nom, c'est limite passable de la chaise électrique.

Bref autant se masturber avec des barillas.

A midi, j'ai mangé avec mon père et on a parlé de la Constitution, ce qui n'a rien à voir avec Limp Bizkit, et je lui ai dit que j'avais croisé Perben et Douste-Blazy (google me dit qu'il s'appelle Philippe, bon sang mais c'est bien sûr). A quoi il a répondu:

"Tu aurais dû lui dire que ta mère ne l'aime pas."