Une certaine Chelsea Callahan m'a envoyé un message plein d'espoir:"Dear Misschococat,IGF2 is a powerful erection enhancing product that will create erections so strong and full that over time your man muscle will actually grow as a direct result!"Il se passe des trucs incroyables et moi je suis toujours la dernière au courant. C'est vraiment nul. Mais c'est dingue, si ça marche, imagine le nombre de types qui vont devoir porter des baggys.Hier soir, je suis entrée dans ma chambre, munie de cartons, de gros scotch marron, d'un feutre noir, d'une paire de ciseaux et de sacs poubelle: devant l'ampleur des dégâts, j'ai tout lâché et je me suis demandé par où j'allais bien pouvoir commencer.
Alors j'ai commencé par fumer une clope.Après, j'ai mis un peu de musique, et comme je suis particulièrement intelligente, j'en ai mis de la bien glauque et dépressive, juste pour me sentir encore un peu plus mal. En même temps, des cds "youpi" dans ma discothèque, il doit y en avoir 2, dont un de C. Jérôme qu'on m'avait offert pour rigoler, quoi que je pourrais aisément le classer dans la catégorie "la vie c'est trop porrible" puisque le pauvre est décédé, et puis quand même la chanson "Et tu danses avec lui" elle est über-triste, merde.
D'habitude, je ne fume pas dans ma chambre. C'est très désagréable de s'endormir dans les odeurs de cigarette, on a l'impression de s'être assoupi sur une banquette d'un night-club pourri de campagne qui s'appelerait le "Beach Paradise". Mais là, je m'en fous, dans 4 jours, je ne serais plus là. Mais bon, j'avais quand même ouvert la fenêtre. Je suis comme Avril Lavigne, j'ai l'impression de faire des trucs subversifs mais en fait non. Je traverse en dehors des clous, oui, mais dans les rues piétonnes. Je bois, oui, mais du panaché, et dans un verre. Je dis des gros mots, oui encore, mais dans ma tête (mais très fort hein, et puis des mals comme "flûte" ou "fais l'amour avec ta génitrice").
Bref, le foutoir devant moi me pose un véritable problème. 4 ans d'accumulation de trucs, de machins, de bidules, je n'arrive pas à jeter, parce que c'est comme si je jetais un bout de moi même, un souvenir, j'ai toujours peur d'oublier les choses importantes. D'ailleurs j'oublie toujours les anniversaires. Pour un peu, j'oublierais Noël si ma mère ne me tannait pas pour venir décorer le sapin familial (ce qui me fait bien sûr atrocement chier, je suis nulle pour décorer un sapin, au final, on dirait que j'ai fait exprès que ce soit bien moche).
Je commence par ouvrir un placard, et tout me tombe dessus. Tout le monde a un placard à merdes chez lui. Ben chez moi, c'est pareil sauf que tous mes placards sont comme ça. Je m'assied par terre et commence à trier les papiers, je retrouve des choses improbables, des lettres d'amour, des poèmes, des livres, des cassettes, un préservatif périmé depuis 96, un tube de vaseline momifié, des chaussettes orphelines, des cadeaux kitsch que mon père m'a ramené de ses nombreux voyages, une icône roumaine, des tonnes de factures même pas ouvertes, des jouets Kinder, une photo de mon chat Diabolo (mort au combat), des médicaments pour l'hypotension, ma médaille de baptême, un pendentif celtique de mon ancien fiancé irlandais Joe, une montre Air France, du toblerone, des barrettes par dizaine, des peluches débiles, etc...Je jette, je tasse, j'entasse, je m'active autour de ces milliers de riens qui sont comme les pense-bête de ma mémoire, plein de petits post-it collés sur mon cerveau. J'écoute Tom Mac Rae qui chante "What's next?".
La fatigue s'installe peu à peu, mon dos me fait mal, je laisse tomber pour ce soir.Citron est dans le salon. Il me dit quelque chose que je comprend à moitié, et je lui demande de répeter. Il me dit :"Tu ne m'écoutes jamais de toutes façons".
Je n'ai même plus la force de le contredire alors je l'embrasse sur la joue.Il murmure :"Je t'aime encore".
Je pense: "What's next?"
