07/05/2003

Furry friends

Cette nuit, j'ai dormi avec le canard range-pyjama de ma soeur quand elle était petite. J'aime beaucoup les canards. J'ai longtemps tanné mes parents pour en avoir un à la maison, je leur avais promis de bien m'en occuper et de lui creuser une mare pour qu'il s'amuse un peu. Malgré mes bonnes intentions, je n'ai jamais eu gain de cause. J'ai donc reporté tout cet amour sur ce canard tout plat et tout rapé en peluche. L'avantage est bien sûr qu'on peut y mettre un pyjama, ce qui aurait sans doute posé un problème avec un vrai canard.

Je parle beaucoup aux objets et aux animaux. Enfin, je leur parle dans ma tête. Ils me répondent bien évidemment. Et bien sûr ils ne disent que ce que j'ai envie d'entendre. Bien que celà paraisse tout à fait naïf et puéril, j'ai toujours senti une forme de vie chez mes peluches. Mais attention, je suis exigeante: je déteste les peluches qui sont habillées comme des humains. Je les choisis avec beaucoup de précision.

Dans le magasin, j'attend devant qu'une d'elles communique mentalement avec moi pour m'en saisir. Il y en a dont la tête ne me revient pas. En général, j'aime bien celles qui ont le regard triste. Attention, je ne suis pas du genre à trainer mes peluches partout: elles sont dans mon lit, quelques unes ont le privilège de regarder la télé avec moi le soir. Mais il faut qu'elles soient ensemble: sinon, elles s'ennuient.

Quand j'étais une petite fille, j'étais très peureuse. J'avais même ordonné à ma soeur d'aller voir "Rox et Rouky" avant moi car j'avais peur que le grizzli sorte de l'écran. Avec mon bol légendaire, il serait venu me manger moi. Ma hantise, c'était le feu. Je n'ai touché à une allumette qu'à l'âge de 14 ans lors d'un cours de sciences physiques. Donc, toutes ces peluches me rassuraient, je faisais un barrage tout autour de mon lit avec elles et je pouvais enfin dormir tranquille . A chaque fois, ma mère venait les retirer par peur que je ne m'étouffe, et puis il faut dire qu'elles prenaient les 3/4 de la place.

Mais le matin, moi je croyais que les peluches avaient bougé toutes seules. Quand j'ai découvert le pot aux roses, j'ai nié l'évidence. Et puis, ma soeur me faisait voir en cachette des films d'horreur.

Le premier que j'ai vu s'appelait "Dolls" et racontait l'histoire de gens qui se réfugiaient dans un chateau (classique) où vivait un couple de personnes agées qui fabriquait des poupées. Ils prévenaient bien tout le monde que ces poupées avaient une âme et qu'il fallait bien les traiter. Bien sûr, la plupart des adultes s'en fichaient, pensant que les deux vieux n'avaient plus toute leur tête, alors les poupées, la nuit venue, les tuaient sauvagement.

Ca m'a fait une bonne raison de plus pour être vigilante. Si jamais c'est vrai, moi, je ne risque rien.

Je crois que je vais faire un thérapie de groupe.

Avec mes peluches bien sûr.