21/12/2004

Le clip à Marcello


Aujourd'hui, je porte des chaussettes tête de mort parce que je suis une putain de rebelle et que j'emmerde la société.

Hier soir, je suis partie tôt du travail parce que ma Tessa voulait passer chez moi et j'avais envie de la voir aussi. Une fois n'est pas coutume, nous n'avons pas bu de vin, mais du gentil jus d'orange, par contre la tradition chips/guacamole/starac a été honorée. D'ailleurs, qu'est ce qu'on a rigolé en regardant la starac, parce que les deux finalistes, Lucie la niaise et Grégory qui va gagner parce qu'il a une maladie grave, retournaient dans leurs villes respectives.

Donc, Lucie se retrouvait à chanter place Masséna à Nice avec derrière elle des intermittents du spectacle déguisés en lapins, lutins, et autres trucs en "in" et Grégory à Sonnaz, son bled en Savoie, dans la salle polyvalente, après être préalablement passé à la maison de retraite, (et probablement au Leclerc pour faire la promo du bocal de 500 grammes de pâté de lièvre, 6 euros 90 seulement) devant un public de 400 gamines en chaleur.

Ensuite, ma Tessa est partie et mon Slash est arrivé à l'improviste et le gentil jus d'orange s'est soudain, et par je ne sais quel miracle, transformé en rhum doré. Donc mon Slash s'est affalé dans mon canapé-traquenard (une fois assis, il est presque impossible de se relever) et on a fumé 300 clopes chacun, un verre de rhum à la main, en parlant de Grnd Zero (le lieu de spectacles qu'il a contribué à ouvrir il y a quelques mois), de son label, de ma gale, de mon amoureux, de choses et d'autres. Il m'a invité à Grnd Zero pour la projection d'un film ce soir qui s'appelle "Turkish Star Wars", un titre plein de promesses. Moi, je peux pas y aller parce que ma soeur arrive et bon, même un film au nom si pourri ne bat pas la joie de voir ma soeurette.

Quand Slash a réussi à s'extirper de mon canapé, il est parti, et moi je suis restée et j'ai écrit dans mon petit cahier pour Toyboy. En me relisant ce matin, j'ai compris que je devais être quand même plus bourrée que je ne le croyais.

D'ailleurs, à propos de Toyboy, il m'a appelé. J'étais contente. Comme Slash était là, je suis allée me mettre dans la salle de bains pour plus d'intimité, c'est fou ce qu'être assise sur la lunette des toilettes (clapet rabaissé hein quand même) est romantique. Nous n'avons pas pu parlé longtemps car il m'appelait du fixe de ses parents, mais même ces quelques minutes échangées à se dire des banalités à pleurer m'ont réchauffé le coeur.

J'ai pas mal dormi, malgré mes rêves bizarres (je nettoyais une flaque d'eau sur le sol avec le tee shirt de Bruce Willis, qui quand il le découvrait était pas über-content). Je me suis réveillée assez tôt avec une absence totale d'envie d'aller bosser.

Alors aux grands maux les grands remèdes, j'ai allumé la télé, et j'ai mis les clips de la 6, afin d'y retrouver toute la lie de la musique actuelle. Et quand je dis musique, je suis gentille.

Donc, je tombe sur un duo entre une fille qui je crois a fait popstars et un espèce d'italien totalement inconnu. Leurs maisons de disque ont du s'appeler en se disant "Dis donc Marcello, j'ai un boulet à qui je dois faire faire un disque mais toute seule ça va jamais marcher, t'aurais pas dans tes cartons un sous-Eros Ramazotti avec qui on pourrait la coller pour faire une chanson d'amour daubée?". Et le Marcello, il a dit oui, il avait le mec, et ça lui faisait une bonne occase de s'en débarasser enfin.

Donc, le pire c'est pas la chanson (et pourtant...), c'est le clip.

La pouffe et le bellâtre italien sont dans une grande maison, une encore plus grande que celle de "Greg le Millionnaire"(une minute de silence pour son Emmy Award raté), tellement immense qu'ils ne se retrouvent pas. Alors la fille a une idée géniale, parce que le jour d'avant, elle a lu "Le petit poucet", et là elle se dit "Quelle chance d'avoir appris à lire l'année dernière!".

Donc, elle prend des polaroïds d'elle dans des poses suggestives et elle les laisse dans les pièces où elle passe. Bon, en vrai ça sert à rien parce que le gars, à part se branler sur les photos, je vois pas bien comment il peut la retrouver avec ce stratagème pourri.

La fille, ayant compris sa grossière erreur, va dans le panier à linge sale et sème ses vêtements dégueus partout où elle passe. Le garçon trouve les fringues et les suis consciencieusement en omettant pas de les renifler bien fort, la classe. Alors, là le garçon, il retrouve la fille dans une pièce remplie de trucs en polystirène qu'on met dans les cartons où il y a des choses fragiles.

Les retrouvailles sont merveilleuses, ils sont über-contents et ils font une bataille de machins en polystirène en riant très fort, le tout savamment filmé au ralenti par le réalisateur tchétchène sous-payé par la maison de disques qui lui a promis le statut de réfugié politique tout en écrivant une lettre délatrice à Vladimir Poutine.

Mais la fille ça l'amuse deux minutes de faire les cons, on l'a bien compris, parce qu'elle entraîne le type vers la chambre. Le lit, il est plein de pétales de rose, comme le mien quand je vais me coucher. Et là, tu crois qu'ils vont faire du sexe.

En fait, non, ils s'agenouillent sur le lit et ils continuent à chanter leur chanson naze en se regardant comme des veaux.

Le clip il se finit, et là, tu te demandes "mais que se passe t'il ensuite?"

Ben, la fille, elle ramasse ses culottes sales, et elle fait une lessive à 60°C et le mec met ses pantoufles et lit "La Gazetta Dello Sport".

Moi, je dis tout ça pour ça, ben merçi Marcello.