04/06/2004

Lost in Belgium part III



Départ vers Ostende. Nous, toutes joyeuses, contaminées par la footballite aigüe, on pense "Vamos a la playa, oh oh oh oh oh" (spéciale dédicace to the fabulous DJ Belge). Et là c'est le drame: une averse énorme nous tombe dessus.

Mais rien, non RIEN ne pourra entamer notre moral. On écoute PJ Harvey en hurlant à la mort dans la voiture "Lick my legs I'm on fire, Lick my legs of desire". La voiture est dans un état de décomposition interne avancé.

En route, un souvenir d'enfance me revient: avec ma soeur, quand nous étions petites, mon parrain, qui habitait à Lille, nous emmenait souvent dans une station balnéaire appelé De Panne, on mangeait des frites/mayo et des glaces et après on allait faire du bateau pirate à MeliPark, un parc d'attractions über-chouette, et on avait envie de vomir. Devant ce souvenir culturellement bouleversant, je propose à Marie de rouler jusqu'à De Panne, et j'insiste aussi sur le fait que j'ai très envie de frites, ce qu'elle comprend après que je lui ai répété une petite cinquantaine de fois.

Plus nous avançons, plus la pluie se calme et fait place à un soleil radieux.

Note pour plus tard: les Belges sont tarés, ils construisent des immeubles sur les pistes de décollage des avions.

A Ostende, Alana me dit "Tiens, y'a plein de voitures immatriculées en Belgique içi." J'en déduis que les nains ont presque fini le boulot.

Arrivées à De Panne, nous récupérons la liste des hôtels de la ville puis nous allons mollement nous poser sur le sable. Et là, mission impossible: trouver une chambre libre un week end de Pentecôte dans une station balnéaire.

Je suis étendue sur le sol et j'encourage spirituellement Alana qui passe des coups de fil.

Appel n°1: complet

Appel n°2: complet

Appel n°3: 1 chambre avec douche mais pas de toilettes. On a pas très envie de pisser dans la douche (quoi que ce soit très agréable).

Appel n°4: 1 chambre avec toilettes mais pas de douche. Pas non plus très envie de se laver dans les WC (ça par contre, je suis sûre que c'est très moyennement agréable).

Appel n°5: 1 douche et des toilettes mais pas de chambre. Ah bon.

Appel n°6: complet

Appel n°7: une famille vient de se désister, nous avons donc une chambre qui nous attend dans un petit hôtel à 5 minutes de la plage, et même il y a une piscine chauffée. Nos besoins petits bourgeois sont donc satisfaits (non mais tu crois pas qu'à 27 ans je vais encore aux festivals dans la boue et que je dors dans une tente en Ardêche, non?). Je constate que mon soutien moral a vraisemblablement beaucoup aidé.

L'hôtel est décoré avec un kitsch pas possible, nous sommes conquises. On balance nos sacs et on retourne directement poser nos divins derrières sur la plage.

Là, un complot de grains de sable s'élève contre moi, c'est à dire qu'à chaque fois que j'essaye de communiquer avec Alana,une tempête s'abat direct dans ma bouche. La vie est injuste, je veux mourir.

De plus, les mouettes se sont alliées aux grains de sable: les fourbes essaient d'échapper à ma tentative de photo (j'adore les photos nulles). Alors je suis obligée de cacher l'appareil dans mon dos, je sifflotte comme si de rien n'était, et quand ces connes reviennent, hop, je bondis et j'en mitraille une. Je suis fière de mon implacable astuce. Pour parfaire à mon bonheur, je piétine rageusement les grains de sable pour me venger de leur cruauté à mon égard.

Retour à l'hôtel, où je prends une douche bien méritée. Je note que l'infame complot de la nature ne m'a touché que moi, car les grains de sable contournaient exprès Alana pour se mettre dans ma gueule à moi.

Nous buvons une bière blanche au bord de la piscine, ce qui n'arrange pas les nains d'Alana: elle s'endort devant MTV pendant que je me lave. J'hésite à lui faire une attaque commando avec mon oreiller, mais dans ma grande bonté, je la laisse ronfler. Ah,non pardon, c'est vrai qu'elle ne ronfle pas, disons qu'elle respire juste un peu fort.

Vers 21h30, nous nous décidons à aller manger quelque chose, un truc typiquement belge. Nous mangeons une pizza. Nous apprendrons par la suite que ce n'est pas du tout belge. Déception.

Grand moment de sérénité, nous allons marcher au bord de la mer la nuit, les mouettes et les grains de sable sont allés se coucher, alors on est tranquille. Il ne manque plus que des chevaux blancs et Glenn Medeiros qui chante "Nothing's gonna stop my love for you" pour achever le tableau. Quoi qu'il en soit, on se passe très bien de Glenn.

Dormir puis petit dèj' à l'hôtel et re-plage, le temps est magnifique, nous sommes en maillot de bain, le sable est gentil. On reste étalées là pendant 3 heures à regarder la mer, à somnoler, et même tiens, on a fait un "Petit bac", même qu'on a pas eu honte. En milieu d'après-midi, nous reprenons la route, Alana met "Closer" en boucle. Lui ai même pas fait bouffer sa cassette (oui Alana est une femme moderne, elle a un lecteur de cassette dans sa voiture, et encore ça date d'il y a peu, avant elle avait une platine vynil, un peu encombrant).

Fin