25/10/2004

Déménagement



Week-end chargé, bien évidemment puisque je déménageais. Vendredi soir, j'ai fini mes cartons tout en buvant du vin et en mangeant du saumon avec Queenie et S., et bien sûr, en matant la Starac, le pathétique rituel du vendredi soir, en connexion directe avec ma Alana et ma Tessa en train de faire la même chose que nous, mais à Paris. On s'appelle quand les chorés sont ridicules, donc on s'appelle tout le temps. On chante hyper fort et hyper faux en changeant les paroles des chansons, enfin surtout Alana, qui hurle "Envoile toi" au lieu d'"Envole moi" mais en même temps, qui pourrait la blamer tellement "Envole moi" ne veut rien dire.

Queenie et S. s'endorment devant "Big Fish" de Burton, que je n'ai même pas le courage de regarder tant je suis fatiguée. Je vais donc me coucher pour ma dernière nuit dans l'appart. Je retrouve une petite carte que m'avait envoyé W. dans une petite enveloppe bleue et je la lis. Je me dis merde quel gâchis quand même tous ces mots doux qui sont allés s'écraser contre un mur et qui ne ressemblent maintenant plus qu'à de vulgaires moustiques sur un pare-brise. Je m'endors.

Lendemain matin, réveil à 7h30. A 8h45, j'appelle la Blatte pour le réveiller, je suis über-douce au téléphone mais de l'autre côté je n'entends que des grognements. A 9h00, Nevada et Toyboy arrivent, suivi de près par Slash, que je trouve vraiment beau en ce samedi et qui a même eu la merveilleuse idée d'amener des croissants. Kri et son collègue arrivent avec le camion, et puis ma mère aussi, qui doit récupérer des meubles que je ne pourrais pas mettre dans mon nouvel appart. Comme quoi, il est toujours utile d'avoir des parents qui ont une maison pour pouvoir leur refourguer ton bordel.

Tout le monde s'active et en 3 heures 30, le déménagement est bouclé. Queenie et moi passons le reste de la journée à ranger et à faire des courses, puis vers 20h00, la Blatte arrive, me maudissant encore pour l'avoir obligé à m'aider. Faut dire que je lui avais pointé une mitraillette dans le dos alors il n'avait pas le choix. Pour se venger, il me promet de venir me parasiter, s'étant rendu compte qu'il n'habitait qu'à 5 minutes de chez moi. Je me dis secrètement que je vais poser des mines sur sa trajectoire. Toyboy et Nevada arrivent à leur tour, puis Becky et son copain, et nous passons une soirée tranquille, à boire et à discuter.

J'emprunte les célèbres lunettes de Blatte et Toyboy me dit avec son petit accent anglais "Ca te va bien". Formule de politesse évidemment, mais moi je suis au bord de la défaillance et je me sens toute bête, graou. Il me demande aussi si je lis des livres en anglais et je dis oui, et il me dit qu'il va me prêter un bouquin qu'il a lu et qu'il a adoré. Cette marque de confiance me ravit et je sens que je vais lire le livre en deux jours, graou. Je lui précise que la biographie de Madonna et le livre sur Kylie Minogue dans la bibliothèque ne sont pas à moi, ce qui est vrai.

Une fois tout le monde parti, sauf Blatte, qui je le rappelle, est un parasite, plus de clopes, plus de vin, et la fatigue qui commence à m'envahir. Dormir.

Le dimanche est un vrai dimanche, c'est à dire, le jour où on fout rien et on est habillé comme des sacs. On range un peu, on mate le téléfilm de la 6 ("Titanic"), je bouquine un peu en profitant du soleil qui donne direct dans le salon.

Le cinéma est maintenant à 5 minutes de chez nous, donc on décide d'inaugurer cette bonne nouvelle en allant voir "Comme une image". Queenie appelle Nevada et Toyboy pour leur proposer de venir et ils acceptent. Dans la salle, je suis assise à côté de Toyboy, ce qui est un indice de déconcentration assez conséquent, je me sens me liquéfier totalement quand, par accident, son bras frôle le mien. Je suis pathétique mais je vous emmerde.

En sortant de la scéance, on dicute un peu du film, que les 3 autres ont trouvé bien et "très français", on fume une clope et Toyboy me dit qu'il a vu un film avec les mêmes acteurs il y a quelques années à la télévision anglaise, et ça se passait dans un restaurant. Impossible de me rappeler du nom du film. Puis nos chemins se séparent et je prends sur moi-même pour ne pas m'accrocher à la jambe de Toyboy. Il est 22h00 et Queenie et moi avons faim. Je lui dis que j'aimerais bien que Toyboy m'aime bien et Queenie me dit "De toutes façons, si il veut pas de toi, ça veut dire qu'il a un tout petit sexe". J'adhère complètement à sa théorie.

On passe au resto indien en bas de chez nous et on prend des trucs à emporter. Le patron, qui nous a vu déménager pendant la matinée, nous offre un apéritif au gingembre et à l'alcool de riz en guise de bienvenue, et aussi, il rajoute un nan gratuit à notre commande.

Je mange, ma Tessa m'appelle, puis ma Alana, et enfin je me couche, en pensant que j'aimerais bien que Toyboy n'ai pas un petit sexe. Je me réveille au milieu de la nuit en me disant "Un air de famille!!oui c'est ça le film que Toyboy a vu!!!"J'ai envie de l'appeler pour lui dire. Une bonne idée à 3 heures du matin.

Ce matin, ma mère passe m'apporter mes tabourets de bar. Je sais qu'elle va à un enterrement et je remarque qu'elle est habillée en blanc.

"Tu vas y aller comme ça à l'enterrement, Maman?
- Ben, oui, pourquoi?
- Normalement, on s'habille plutôt en noir ou en sombre
- En Asie, les gens mettent du blanc pour les enterrements
- Oui, mais on est pas en Asie.
- Tu sais, quelle que soit la couleur que je porte, ça ne le fera pas revenir."

Je ne sais pas quoi répondre tant ses paroles me paraissent logiques.

Je découvre à quel point mon esprit est formaté.