Après vous avoir parlé de Dijon et de Chelles, je vais aujourd'hui m'attarder sur Bourg-en-Bresse (eh oui, bande de veinards, je vous gate, mais c'est Noel alors ,vraiment, ça me fait plaisir).Comme chacun le sait, la spécialité de la Bresse, c'est le poulet. Pourtant, ce n'est pas ce spécimen que je suis allée découvrir dans l'Ain ,mais Alain Bashung, qui, avouons-le, n'a rien d'un poulet.
Christophe n'ayant pu accéder au concert lyonnais pour une sombre histoire de drogues avec des lituaniens ,m'a proposé de rouler jusqu'au bout de la nuit pour pouvoir assister au concert de ce sacré Alain.
Nous avons donc fait nos paquetages, enfilé nos bottes et emporté les couvertures de survie, et à 16h38 précises, j'ai bondi dans la Xsara Picasso de mon Christophe, et tel un couple Bobo, nous sommes partis vers Bourg-en Bresse la magnifique. Au fur et à mesure que nous avancions, la température baissait dangereusement, des animaux féroces menacaient de sortir à chaque minute des fourrés qui longeaient la route. Mais nos coeurs vaillants et téméraires étaient prets à affronter vents et marées et poulets sauvages géants pour arriver au but ultime, tout en écoutant les Raveonettes sur le Ipod de ce Bobo de Christophe (superbe costume en velours au fait).
Bon, c'est vrai, nous avions des a priori sur les Burgiens (c'est comme ça qu'on appelle les habitants de Bourg-en-Bresse, oui, c'est vrai, j'ai demandé au serveur du café où on a bu un chocolat chaud). En fait, on peut dire que les Lyonnais, c'est un peu les parisiens de Bourg-en-Bresse. On s'attendait à voir des gens pleins de poils et qui diraient des choses avec un accent bizarre. Mais en fait, non. On nous avait meme dit que la ville était moche, mais pas du tout, il y avait plein de guirlandes de Noel, un marché de Noel, chiche, certes, et dénué de monde, mais sympathique.
A peine arrivés, la dame qui nous a cédé sa place de parking nous donne son ticket de stationnement encore valable 25 minutes. Je suis emerveillée devant tant de gentillesse, et je le dis à Christophe, mais cette enflure rigole à n'en plus pouvoir parce que, me fait il remarquer, la dame avait une 205 Bon Jovi (je rappelle qu'une 205 Bon Jovi n'est pas une 205 où Bon Jovi est assis à l'arrière mais il y a juste marqué BON JOVI sur la carrosserie). Je lui dis que, vraiment, ce n'est pas drole, et que ce n'est parce qu'à Bourg-en-Bresse, on est encore en 1982 qu'il faut se moquer.
Ce qui m'étonne, c'est que dans la ville, il y a des maisons à colombage, très belles d'ailleurs. J'en déduis que Bourg-en-Bresse a surement été une colonie alsacienne (mais ma mère me dément à l'instant meme cette information).
Après, on cherche un resto où on pourrait manger un poulet, et c'est comme ça qu'on finit minablement au Couique de Carrefour, parce que le poulet est très cher dans le peu de restaurants qu'on voit.
Notre déception est grande mais heureusement, le concert nous attend. Nous pénétrons à 20h30 dans l'enceinte de Ainterexpo (vous noterez l'extraodrinaire jeu de mots), et force est de constater que nous sommes parmi les plus jeunes auditeurs. Christophe ose meme me dire "on doit être les deux seuls à bosser dans le tertiaire." Il est bien pire que moi en fait.
Bashung arrive et pendant 2h30, enchaine les morceaux, attitude résolumment rock'n'roll, quelques chansons auxquelles je n'accroche pas, mais sur le lot, j'en prends quand meme plein les oreilles. Des fois, je regarde Christophe et nous rions de choses betes, parce que des gens tapent dans les mains (c'est interdit par la hype), tapent des pieds (interdit aussi), on voit meme quequ'un oser un briquet (là c'est la condamnation à mort par injection de Lara Fabian).
Il termine sur un magnifique "Malaxe", s'allume une cigarette, remet son long manteau en cuir et son chapeau, et sort sur un fond musical sensuel et enveloppant. C'est indiscutablement la plus belle sortie de scène qu'il m'ait été donné de voir. C'est comme ça que je veux mourir.
Sinon, à la creperie à midi, j'ai remarqué que mes sourcils assurent un max, je veux dire, c'est pas comme cette conne de Morganne de la Starac qui s'est lachée sur la pince à épiler.
