13/10/2003

Günther, tu es über-pourri.

Voiçi Günther Pourri.
C'est moi qui ait trouvé le nom.

Un jour, alors que j'étais avec Scarlett, dans un magasin de jouets où il y avait des peluches magnifiques, elle est tombée en extase devant cette espèce de rat pourri avec un bonnet de nuit sur la tête. Genre c'était vraiment le plus moche de tout le magasin. Mais non, ma Laure, elle le trouvait über-beau. Alors, je lui ai offert, et j'ai compris ce jour là pourquoi ma Laure était mon alter-ego. Elle trouvera toujours le truc le plus improbable de la terre, le truc que personne ne voit, et elle le transformera en chose exceptionnelle.

Tout ça pour dire que je reviens de 5 jours à Paris, où Scarlett habite maintenant, et que je l'ai enfin retrouvée, comme avant. On a vécu 2 ans ensemble, avec des hauts et des bas, on se connait depuis 15 ans environ, et je n'imagine pas ma vie sans elle.

En 4ième, on avait fait un pacte, sur une carte postale avec un chat dessus, et on avait voulu le planquer dans la bouche d'aération d'un immeuble, mais une mamie nous avait pris pour des terroristes et avait menacé d'appeler le concierge. On s'est enfui, mais on est quand même allé le remettre au même endroit quelques jours après. Ma Laure et moi, on s'aime et on a jamais besoin de se le dire.

Et puis, j'ai rencontré 3 diaristes, malgré mes quelques réticences, vacillant entre la peur de d'être déçue et la peur de décevoir. Mes doutes se sont vite dissipés. Parfois, j'avais le sentiment de tout voir de l'extérieur, d'être juste une spectatrice. On a parlé de tout, de rien, beaucoup de diarisme et de diaristes, et j'avoue que parfois, j'étais perdue parmi les noms et les situations.
J'étais étonnée par le naturel de cette rencontre: peu de questions basiques puisque nous connaissons pas mal de choses des uns et des autres. L'impression de revoir des amis que je n'avais pas vu depuis longtemps.

Tessa est une fille belle, pleine d'un charme naturel que je jalouserais volontiers, elle était exactement ce que j'attendais: drôle, vivante, parfois vindicative, parfois ailleurs.

Cegosum, un type étonnant, très interessant, intemporel, mal à l'aise avec les blancs de conversation, des ressources illimitées, sous des dehors qui paraissent maladroits, il a une assurance incroyable.

Et Neev, que j'ai tout de suite reconnu dans la foule, un garçon au visage d'ange, qu'on a tantôt envie de protéger, tantôt envie de secouer. Je le sentais perdu parfois, tendu, alors je le regardais pour qu'il se sente en confiance, pour lui montrer que j'étais là. Sa fragilité m'a touché et aussi mise mal à l'aise, comme si je pouvais ressentir son mal-être. Il a un côté très enfantin, qui s'accompagne d'une gravité toute paradoxale.

Dans le TGV qui me ramène à Lyon, je me sens bien, le soleil m'inonde d'une lumière chaude et appaisante, je voudrais que jamais le trajet ne finisse.

Le train arrive, Citron m'attend sur le quai, il est enrhumée, et sa voix de canard me fait rire. Il est content de me revoir. Il porte mon sac, me dit que je suis belle.

Je pense à autre chose.